Il sera sous contrat jusqu’à la CAN-2019 au Cameroun: Rajevac, la quête d’une nouvelle reconnaissance !

Lesoir; le Vendredi 6 Decembre 2013
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Le Serbe Milovan Rajevac sera le prochain
sélectionneur des Verts. Depuis dimanche, sa mission est de mener les
Verts à réaliser leurs objectifs. En l’occurrence, la qualification au
Mondial-2018 en Russie où il s’agira, lors de la phase finale de faire
mieux qu’en 2014 au Brésil, au moins la demi-finale lors de la 31e CAN
au Gabon, en 2017, et le titre africain lors de la CAN-2019 prévue au
Cameroun.
Avant d’opter pour l’EN algérienne, le technicien serbe a roulé sa bosse
un peu partout dans le monde. Désormais sélectionneur des Verts, Rajevac
doit s’atteler à la besogne en améliorant, pourquoi pas, ses
performances personnelles. Le legs laissé par son prédécesseur, le
Français Christian Gourcuff, est à ce titre fort envieux. Soit 13
victoires, 5 défaites et trois nuls depuis qu’il a été intronisé à la
barre technique de la sélection algérienne en juillet 2010 suite au
départ de Vahid Halilhodzic. S’il est vrai que le palmarès de Rajevac
est plus imposant, avec notamment une finale (perdue) lors de la
CAN-2010 en Angola face à l’Egypte puis un mémorable quart de finale
lors de la Coupe du Monde, en Afrique du Sud, face à l’Uruguay, il n’en
demeure pas moins que le Français a réussi à donner un autre visage,
plus raffiné celui-là, que celui montré par Feghouli et Cie sous la
coupe du Bosnien Halilhodzic.
Sans préjuger de ce qu’apportera l’ancien défenseur de l’Etoile Rouge de
Belgrade sur l’aspect technique, relevons l’impressionnant bilan chiffré
de Rajevac durant son court passage à la tête des Black Stars. Soit
entre août 2008, et le premier match (amical) disputé contre la Tanzanie
(1-1) et son dernier test tout aussi amical, en août 2010, livré à
l’Afrique du Sud (0-1) qui a précédé son départ controversé vers le Ahly
Djeddah (Arabie Saoudite) pour la mirobolante somme de 4,5 millions
dollars.
Le successeur de Claude Leroy à la tête du Ghana a dirigé les camarades
de Gyan Asamoah, entre 2008 et 2010, 33 rencontres dont 15 explications
amicales. Son bilan est de 14 victoires, 11 défaites et 8 nuls. Les
observateurs qui avaient suggéré les qualités de rugueux tacticien
doublé d’un adepte du tout défensif seront déçus en découvrant que lors
des 33 matchs joués sous la coupe de Rajevac, les Black Stars ont marqué
38 buts et encaissé presqu’autant (33). Il faut juste remarquer que
l’attaquant-vedette du Ghana, Gyan Asamoah, a inscrit la moitié des buts
de son équipe, le deuxième artificier de la sélection chère à Abedi Pelé
n’étant autre que le milieu polyvalent, Sully Muntari. Une seconde
remarque : les défaites des Black Stars ont été, pour la plupart,
essuyées en matchs amicaux et face à de grosses écuries internationales
à l’exemple de l’Argentine, l’Allemagne, le Japon ou les Pays-Bas.
Est-ce un indice des limites de cet entraîneur remballé par Ahly Djeddah
au bout de trois mois et qui a chômé depuis 2011, ou serait-ce juste une
question de niveau que les Ghanéens n’ont pu relever pour réaliser de
nouveaux exploits. C’est vrai que le Ghana est toujours présent en
phases finales de la CAN et du Mondial, mais ses performances n’ont
jamais été si brillantes que lors du passage du Serbe Rajevac.

Ghana-Algérie, deux footballs si différents…
Maintenant, la question lancinante qui s’impose est : pourquoi Rajevac
alors que tout laissait croire que la FAF avait plusieurs profils issus
de différentes écoles pour la succession de Gourcuff ? Certainement par
nostalgie, disons certains. Mohamed Raouraoua qui a côtoyé la légion
d’entraîneurs de l’ex-bloc de l’Est a pesé l’influence positive de ces
derniers sur le football. Outre la réussite peu reconnue chez nous des
entraîneurs de cru, Feu Kermali, Mahieddine Khalef et Rabah Saâdane, qui
ont signé les plus belles pages du football algérien, l’école russe et
toutes celles dépendant de l’ex-bloc de l’Est ont donné une empreinte si
particulière au jeu à l’algérienne. Nonobstant les doutes entretenus sur
la manière de préparer de ces entraîneurs, des cas de dopage se seraient
produits à l’insu de certains internationaux qui en portent les
séquelles à ce jour, l’école de l’Est a fourni de nombreux bons
techniciens au football algérien, et au sport national de manière
globale. Rappelons-nous Rajkov, Rogov et avant ces deux-là, le Roumain
Makri. Sinon le tout dernier, Coach Vahid qui, sans être un génie de
l’entraînement moderne, a su influer un état d’esprit de guerriers à nos
joueurs jadis moins enclins à se dépenser notamment sur les terrains
d’Afrique.
L’Algérie a, certes, des talents qui font courir les grands d’Europe
mais a difficulté de s’imposer sur le continent est si latente,
inexpliquée. Mahrez, Feghouli, Brahimi et autre Mandi ont beau «bouger»
les ogres d’Europe, d’Asie et d’Amérique, leur «faiblesse» demeure
entière lorsqu’il s’agit d’affronter les équipes africaines, même parmi
les moins constellées en footballeurs évoluant outre-mer. Ce qui n’est
pas le cas du Ghana où les joueurs, formés à la maison, s’illustrent
aussi bien dans leur nouvelle vie européenne sans qu’ils s’érodent
lorsque la patrie leur fait appel à l’occasion des rendez-vous organisés
par la CAF.
Le face-à-face Algérie- Ghana de ce début de cette année à Mongomo
(Guinée Equatoriale) a montré combien même les Algériens avaient un
ensemble pléthorique en vedettes internationales, les Ghanéens avec des
jeunes en devenir et quelques vieux qui marchaient sur un pied (Asamoah
a disputé la CAN-2015 en étant blessé) ont atteint la finale face aux
Ivoiriens après avoir détrôné les Verts dans le groupe C lors du premier
tour. Le but plein de malice de Gyan Asamoah a fait tellement mal aux
poulains de Gourcuff qu’en quart de finale, l’Algérie n’avait plus les
ressources pour tenir tête aux Eléphants emmenés par Yaya Touré et autre
Wilfried Bony. Une (énième) sortie ratée à cause de difficultés de
l’entraîneur et de ses joueurs de s’adapter aux conditions particulières
des tournois en Afrique. Gourcuff était le premier à le reconnaître, les
joueurs ayant fait leurs «aveux» au bout du premier match de cette
épreuve face à l’Afrique du Sud. Un adversaire qui a voulu faire le jeu
oubliant que pour gagner, il faut non seulement bien jouer mais
également oser défier les éléments extra-football.

Rajevac connaît le Lesotho, le Nigeria et la Zambie, pas le Cameroun
Dans son cursus d’entraîneur-coopérant au Ghana, le Serbe Rajevac a fait
connaissance de plusieurs types d’adversaires. Les gros calibres comme
le Nigeria, l’Egypte, la Tunisie ou le Mali les outsiders comme la
Zambie, l’Angola, la Tanzanie et le Bénin et les faire-valoir comme le
Lesotho, l’Ouganda et le Soudan.
Aussi, Rajevac a une idée sur deux des trois sélections qu’il aura à
affronter en défendant les couleurs de l’Algérie lors des cinq prochains
mois, en l’occurrence le Lesotho (CAN-2017) et le Nigeria
(Mondial-2018). Et les deux ont été battus par le Ghana de Rajevac, le
Lesotho en éliminatoires combinées pour la CAN et le Mondial-2010 (3-0)
alors que le Nigeria a été mis en échec lors des demi-finales
d’Angola-2010 (1-0). La Zambie que l’Algérie affrontera lors du
troisième tour éliminatoire du Mondial russe entre fin août 2017 et
début septembre de la même année est également une vieille connaissance
pour Rajevac. La seule différence est que le match Ghana-Zambie (4-1),
en août 2009, avait un caractère amical. Pour le Cameroun, autre équipe
que les Verts croiseront sur leur route pour la Russie, celui qui a
livré 22 des 33 caps à la barre technique du Ghana face à des sélections
du continent africain, n’a aucune connaissance particulière. Ce qui ne
l’empêcherait pas d’avoir un aperçu significatif lorsqu’il s’agira de
préparer le rendez-vous du 3 octobre à Blida face aux Lions
indomptables. Mais, d’abord place à la reconnaissance du terrain où
Rajevac devrait exercer pendant les 45 prochains mois. En l’occurrence
découvrir ses nouveaux employeurs, son nouvel environnement et ses
nouveaux joueurs. Pour les objectifs, on en reparlera.
M. B.Il est le 3e représentant de l'ex-Yougoslavie
Rajevac, 12e entraîneur étranger à la tête des Verts
Le Serbe Milovan Rajevac est devenu le 12e entraîneur
étranger à prendre les commandes techniques de la sélection algérienne
de football après s'être engagé dimanche avec la Fédération algérienne
de la discipline (FAF) pour succéder au Français Christian Gourcuff,
parti en avril dernier.
Rajevac est aussi le troisième technicien issu de l'école de
l'ex-Yougoslavie après Zdravko Rajkov et Vahid Halilhodzic, deux
entraîneurs ayant marqué de leurs empreintes leur passage chez les
Verts, notamment le second qui a réussi à mener l'équipe algérienne à
une qualification historique aux huitièmes de finale de la précédente
Coupe du monde (Mondial-2014) au Brésil. De 1966 à 1969, c'est le
Français Lucien Leduc qui a ouvert le bal puis de février 1974 à juin
1975, c'est le Roumain Valentin Makkri qui s'est engagé avec l'EN. De
septembre 1979 à septembre 1980, les Verts étaient dirigés par le
Yougoslave Zdravko Rajkov. Il passera le témoin au Russe Guennadi Rogov
de septembre 1980 à mai 1981, ce dernier revient d'octobre 1986 à mars
1988. Débarque ensuite de mars 1998 à janvier 1999, le Roumain Marcel
Pigulea. L'Algérie accueille de septembre 2000 à février 2001, son
compatriote Mircea Radulescu qui plie bagages et repart sans résultat.
La FAF va tenter par la suite l'expérience de l'école belge, représentée
par Georges Leekens qui fera un passage de janvier 2003 à juillet 2003.
Son compatriote Robert Waseige va vivre, à son tour, une aventure
algérienne de mai 2004 à septembre 2004. Deux ans plus tard, c'est
l'école française qui refait son apparition aux commandes techniques des
Verts, avec la désignation de Jean-Michel Cavalli, resté en poste de mai
2006 à octobre 2007. Lors des quatre années suivantes, la barre
technique algérienne a été confiée à Rabah Saâdane (2007-2010) et
Abdelhak Benchikha (2011). L'échec de ce dernier à qualifier l'Algérie à
la Coupe d'Afrique de 2012, a encouragé le retour à la piste étrangère.
Débarque alors en juillet 2011 Vahid Halilhodzic, connu pour ses règles
de vie très strictes et sa discipline de fer. Malgré l'exploit du
Bosnien lors du Mondial-2014, il refusera de prolonger son contrat,
laissant la place à son successeur, le Français Christian Gourcuff qui
n'ira pas au bout de son bail. Il a demandé et obtenu la résiliation «à
l'amiable» de son contrat en avril passé après 20 mois de travail en
Algérie.

Categorie(s): sports

Auteur(s): lesoir

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