LE CNES DÉNONCE ET MENACE: Universités : le bras de fer engagé

Lesoir; le Jeudi 5 Decembre 2013
2

Le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes)
revient au devant de la scène. La trêve qu’a connue le secteur de
l’enseignement supérieur risque d’être rompue. Le Cnes, qui déplore une
situation pédagogique lamentable et déplorable de l’université,
maintient son conseil national ouvert en attendant la tenue d’une
session extraordinaire qui aura à valider «un processus de
protestation».
Nawal Imès - Alger (Le Soir)
Le successeur de Harraoubia risque de faire face dans les semaines à
venir à un mouvement de protestation. Et pour cause, le Cnes, qui
temporisait jusque-là, fait état d’une situation critique au sein des
universités.
Une situation qui fera l’objet d’un examen lors de la tenue d’une
session extraordinaire de son conseil national dont la date reste à
fixer. Sans concession, le Cnes déplore une «situation pédagogique
lamentable et déplorable», des réformes pédagogiques déconnectées de la
réalité économique et sociale de l’Algérie sans compter les besoins de
l’économie nationale. Le syndicat pointe du doigt une recherche
scientifique «atrophiée» par des politiques régulièrement remises en
cause et souvent contradictoires et une gestion «chaotique et confuse»
ne répondant à aucun critère de compétence et sur «des bases
clientélistes» sans transparence aucune.
Sur un plan purement socioprofessionnel, la situation est tout aussi
complexe. Le Cnes évoque les salaires des maîtres assistants de rang A
et B qui constituent la majorité du corps enseignant et qui ont été vite
rattrapés par l’inflation et les modifications opérées par la Fonction
publique dans plusieurs secteurs et ayant tout simUne plement ébranlé
l’ensemble de la grille des salaires nationale établie sur la base des
diplômes et non de l’ancienneté.
La revendication relative aux logements reste insatisfaite. Elle
constitue, selon le Cnes, «une bombe à retardement» après les multiples
promesses et surtout l’opacité qui entoure le programme spécial annoncé
en 2007 par le président de la République.
Le Cnes déplore l’exploitation abusive de la machine judiciaire et des
commissions paritaires devenues «des tribunaux internes de
l’administration», l’insécurité montante dans les franchises
universitaires qui atteint souvent l’agression physique sans aucune
intervention de l’administration et les entraves quasi régulières aux
libertés syndicales et les intimidations dont font l’objet les
syndicalistes.
Face à tous ces problèmes, le Cnes souligne «l’incapacité de la tutelle
à répondre depuis des années aux revendications justes et légitimes des
enseignants chercheurs et s’interroge sur l’existence d’une volonté
suffisante pour ouvrir de nouveaux horizons allant dans le renforcement
du dialogue social». Une situation qui mènera forcément vers «un
processus de démobilisation générale d’un segment foncièrement important
de la société». Le Cnes, qui maintient ouverte la session de son conseil
national, fixera bientôt une date pour la tenue d’une session
extraordinaire durant laquelle il sera arrêté des décisions et un plan
d’action ainsi que des mouvements de protestation.
N. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. I.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..