Les déclinaisons des fêtes à Oran

Lesoir; le Dimanche 30 Decembre 2012
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Ambiance morose dans les rues d’Oran, et les artères commerçantes et passantes pour cette fin d’année. Il faut vraiment chercher un signe, une toute petite décoration enguirlandée sur les devantures des boutiques pour se dire qu’à Oran, la célébration d’une nouvelle année est bien là. Pourtant, même au temps du terrorisme, comme un acte de résistance, on pouvait observer les décorations des boutiques, des pâtisseries et autres restaurants, qui se déclinaient par les traditionnelles phrases inscrites sur les vitrines «Bonne année ! Meilleurs vœux !».
Aujourd’hui, on en est très loin et chacun y va de son explication : le moral en berne, la montée du religieux qui condamne ces célébrations étrangères à nos coutumes et croyances, le pouvoir d’achat en baisse, etc. Pourtant, à bien y regarder, les Algériens aiment festoyer le 31 décembre, et face au poids «du qu’en dira-t-on» de notre société, les formules palliatives se sont multipliées. Il n’y a qu’à suivre le matraquage des annonceurs publicitaires qui, depuis près d’un mois, offrent des destinations spéciales, des formules alléchantes et attractives vers le Maroc, la Tunisie, la Turquie et même d’autres pays européens en crise. Et il faut reconnaître que pour une certaine catégorie sociale, se «payer» un réveillon et un séjour de 3 jours à l’étranger est des plus abordables et, surtout, ça permet de s’amuser loin des regards, loin des jugements. A côté de cela, il y a d’autres formules locales et très algériennes, et des hôteliers ont, eux aussi, trouvé la solution attractive qui fait mouche, comme «passer les fêtes de fin d’année en famille et au bled» qui trouve leurs adeptes. Il y a encore ceux et celles qui, toujours plus discrètement, passeront la soirée dans un hôtel, un restaurant. Là, la transhumance de l’arrière-pays vers la grande ville est forte. D’autres catégories se préparent à un réveillon en famille, entre amis et chez soi, et les commandes de repas de fête sont de mise chez les traiteurs et les boucheries fines. Au soir du 31 décembre, on restera à l’écoute des échos de la fête, des jeunes au front de mer et des sirènes des navires qui du port d’Oran résonneront à minuit pile, comme le veut la tradition.
Fayçal M.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Fayçal M.

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