Les Tunisiens d’Algérie votent davantage au second tour

Lesoir; le Dimanche 21 Decembre 2014
2

Les Tunisiens établis en Algérie ont voté davantage
au second tour des élections présidentielles que lors du premier tour,
dominés par l’espoir que le nouveau président du pays du jasmin, qu’il
soit Moncef Marzouki ou Béji Caïd Essebsi, apporte «l’hana et l’amane».

Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir)
Le bureau de vote, implanté au siège de l’ambassade de Tunisie en
Algérie à El Mouradia, ne désemplissait pas hier, second jour du scrutin
présidentiel pour les ressortissants tunisiens établis à l’étranger. En
cours de journée, l’affluence à ce bureau, l’un des quatre bureaux
relevant de la circonscription Algérie-Centre, de Tunisiens de tous âges
et de conditions diverses était assez importante. Une participation
importante des électeurs était enregistrée à ce bureau, davantage que
lors du premier tour, indiquera la responsable de ce bureau.
L’intérêt des Tunisiens établis dans d’autres régions du pays était
également réputé conséquent, assez enthousiastes. Ainsi, au moins 20%
des 1 000 électeurs de la circonscription Algérie-Centre, voire des 7
500 ressortissants tunisiens inscrits sur les listes électorales en
Algérie se sont empressés d’aller accomplir leur devoir.
Déjà la veille (vendredi), le taux de participation avoisinait en fin de
journée les 16%, un taux singulier dans le monde arabe, considérera le
coordinateur local de l’Instance supérieure indépendante pour les
élections (ISIE), Salaheddine El Yatim. Un tel engagement des Tunisiens
établis en Algérie justifié par l’importance de ce scrutin présidentiel,
une élection libre pour la première fois et organisée après une période
de transition éprouvante pour le pays du jasmin.
Retenus lors du premier tour parmi 27 compétiteurs, deux candidats
d’envergure sollicitent les faveurs des 5,3 millions de Tunisiens. Il
s’agit du président sortant de la période de transition, Moncef Marzouki,
âgé de 69 ans, et du président du parti Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi,
âgé de 88 ans mais favori. «Que ce soit Marzouki ou Essebsi, l’essentiel
est qu’il ramène l’hna et l’amane (la quiétude et la sécurité», assure
un khfefdji tunisien à Bouzaréah.
Etabli en Algérie depuis des décades, ce commerçant qui a effectué son
devoir électoral estime que le scrutin présidentiel qui se déroule
aujourd’hui sur le sol natal est d’une importance «cruciale». Une
opportunité pour la Tunisie, quel que soit son président, de retrouver
«la stabilité», la «sécurité, la sérénité», relève ce spécialiste de la
zlabia et autres pâtisseries et confiseries. «Que les choses
s’améliorent», observe-t-il, assez confiant.
Un sentiment de confiance et de foi dans l’avenir qu’un jeune
restaurateur tunisien exprimera également. «C’est une journée
historique», assure le gérant du restaurant Sidi Boussaïd dans le
quartier de Sidi-Yahia et établi en Algérie depuis quelques années.
L’occasion, selon lui, pour la Tunisie de transcender la phase de
transition institutionnelle vers la «stabilité», «la sécurité» et de
consolider davantage son développement économique et son attractivité
touristique. Des sentiments que les autres commerçants tunisiens établis
en Algérie, estimés à quelque 600 opérateurs inscrits au registre du
commerce et faisant partie des 20 000 Tunisiens établis en Algérie,
partagent certainement, qu’ils aient voté ou non.
Eprouvés par une longue période de transition, d’instabilité, de
violence et d’incertitude, échaudés par l’expérience traumatisante de la
décennie 1990 en Algérie, les Tunisiens espèrent ainsi davantage de
stabilité et de sécurité.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..