Mouloud Hamrouche à Sidi Bel-Abbès :: «Je ne me sens pas concerné par l’écrit de la revue El Djeïch»

Lesoir; le Dimanche 21 Decembre 2014
2

Après un premier report dû, selon les organisateurs,
à un «problème logistique », l’ancien chef du gouvernement Mouloud
Hamrouche a tenu hier sa conférence intitulée «Consensus national et la
bonne gouvernance» à la maison de la culture Kateb-Yacine de
Sidi-Bel-Abbès.

Amel Bentolba - Sidi-Bel-Abbès (Le Soir)
Durant les débats, le conférencier est revenu sur le commentaire
inséré dans la revue d’El Djeïch quant à son attachement à l’ordre
institutionnel tel qu’il est présentement configuré. «Je ne me sens pas
concerné par les propos de la revue El Djeïch, je crois que ces propos
s’adressent à ceux qui ont parlé avec l’armée, moi je n’ai pas discuté
avec l’armée mais de l’armée», dit-il. Il précisera qu’il y a là une
différence évidente, que pour sa part, il n’a fait que parler de l’armée
et de son rôle : «Je suis un ancien militaire et je connais la
discipline et je demande aux gens de faire preuve de discipline.»
Revenant sur la revendication de certains de tenir des élections
présidentielles anticipées, M. Mouloud Hamrouche estime que cela
n’apportera rien de nouveau dans les conditions actuelles et qu’on
obtiendra les mêmes résultats. «Je ne suis pas d’accord avec ce discours
byzantin, cela ne va rien changer, je ne suis pas dans cette logique et
ne suis candidat à aucune responsabilité ou poste.» La situation
politique, économique et sociale actuelle nécessite, dira l’intervenant,
plus que jamais d’être prudent. «Cela fait 25 ans que nous vivons une
crise de terrorisme, de violence, de mort… 25 ans que l’armée et les
institutions sécuritaire sont sur la brèche, en état d’alerte 24/24h.
C’est pour cela que je dis que tout Algérien doit sentir que cette
institution militaire lui appartient, et je suis convaincu que les
militaires, du moins ceux nombreux, que je connais dans l’armée, se
considèrent comme appartenant au peuple et non à une personne. D’où
l’urgence de parvenir à un consensus national.» L’administration
gouvernementale est complètement déstructurée dira Mouloud Hamrouche,
«l’expertise gouvernementale est affaiblie, ça pose un problème y
compris au gouvernement. Aujourd’hui, il y a une règle d’or dans
l’exercice d’un pouvoir ou d’une position ou d’une fonction
gouvernementale : une fausse information donne une fausse analyse qui
donne une mauvaise ou fausse solution». A la question de savoir si on a
aujourd’hui la possibilité de forcer le pouvoir ou les hommes au pouvoir
à accepter d’aller ensemble chercher ce consensus, l’ancien chef du
gouvernement dira : «Je n’ai pas de réponse, mais j’ai un ensemble de
données qui ont abouti à des analyses qui imposent des résultats, qui
imposent à celui qui est au pouvoir de chercher et de parvenir vite à ce
consensus national. Les dangers en provenant de l’étranger sont moins
graves que ceux internes. Le danger vient de notre incapacité à analyser
et à comprendre les enjeux et tenter d’apporter des réponses en
politique et surtout dans le pouvoir.»
Concernant la chute des prix du pétrole, le conférencier dira qu’en soi
cela ne l’inquiète pas : «Cela ne me fait pas peur, mais le recours aux
solutions du passé, elles oui, me font peur, des solutions qui ont été
catastrophiques et coûteuses.»
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..