PALUDISME: Le Brésil, un pays à risques

Lesoir; le Jeudi 5 Decembre 2013
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Pour l’épidémiologiste Abdelkrim Soukhal, la
destination Brésil n’est pas sans risques. Outre le virus du sida, le
paludisme peut y être facilement contracté en l’absence de prévention.
Rym Nasri - Alger (Le Soir)
Les risques d’infection et de mortalité par le paludisme chez le
voyageur qui se rend dans les régions endémiques sont très élevés. C’est
ce qu’a affirmé le Pr Abdelkrim Soukhal, spécialiste en épidémiologie au
CHU de Béni Messous, hier au forum de DK News à Alger.
«L’Amérique latine est une zone où la transmission de cette maladie
infectieuse est continue. Le Brésil est donc un pays où l’on peut
contracter facilement le paludisme», précise-t-il.
Devant abriter la phase finale de la Coupe du monde de football 2014, le
Brésil est aussi fortement affecté par le virus du sida. «Il faut que
tous les Algériens qui comptent s’y rendre prennent des mesures
préventives contre le VIH et soient soumis à une chimioprophylaxie
avant, pendant et au retour, pour éviter toute infection de paludisme»,
souligne l’épidémiologiste.
Et d’ajouter : «Il n’existe pas de vaccin contre le paludisme mais
contre la fièvre jaune. Un vaccin à administrer 10 jours avant le
déplacement vers les régions endémiques et est valable 10 ans».
Quant aux cas déclarés dernièrement en Algérie, il estime que ces
personnes se sont rendues dans un pays africain endémique «sans
respecter le traitement sanitaire recommandé».
Epidémie ou pas ? Le Pr Soukhal dira qu’on ne peut parler d’une épidémie
mais plutôt d’une recrudescence de cas de paludisme en Algérie. Le
spécialiste dresse l’historique de cette maladie infectieuse, transmise
par des moustiques et appelée également la fièvre des marais. «Jusqu’à
l’année 1960, le paludisme était fortement endémique en Algérie. Ce
n’est qu’en 1968 qu’un programme national de lutte contre le paludisme a
été mis en place», a-t-il rappelé.
Toujours est-il, poursuit-il, «nous assistons, depuis le début des
années 1980 à une augmentation des cas importés, d’où le risque de
réintroduction de cette maladie».
La preuve : l’Algérie a enregistré de nouveaux cas de paludisme,
confirmés par l’Institut national de la santé publique durant ces
dernières années.
«L’année 2010 a été marquée puisque 408 cas confirmés ont été recensés
dont 400 cas importés. L’année suivante a connu 191 cas de paludisme
dont 187 cas importés», précise-t-il.
Considéré comme le deuxième fléau mondial après le sida, le paludisme
est décrit par une étude française comme «une arme de destruction
massive».
R. N.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): R. N.

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