Premier sommet, aujourd’hui, à Bruxelles, de l’après-Brexit: On sait comment entrer en Union européenne mais pas comment en sortir

Lesoir; le Vendredi 6 Decembre 2013
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De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Le gouvernement britannique traîne les pieds pour rédiger la lettre
d’intention de sortie de l’UE. Raisons.
Les principaux dirigeants européens font semblant de s’offusquer de
l’attitude de David Cameron, mais, en réalité et dans les coulisses à
Bruxelles, l’on s’affaire, déjà, à étudier les meilleures formules pour
détourner le vote du Royaume-Uni. Les décideurs de l’UE au pouvoir ou
les lobbies ont, par le passé récent, prouvé le peu de cas qu’ils font
du choix citoyen. En 2005, les Néerlandais et les Français avaient, l’on
s’en souvient, balancé par-dessus bord la Constitution européenne qui
leur était proposée. A Lisbonne, les chefs d’Etat et de gouvernement
crachent sur les visages des électeurs, emballent le traité
constitutionnel sous une étiquette nouvelle, «le Traité de Lisbonne» et
le tour est joué. Tout le monde rentre à la maison. Même cas de figure,
aujourd’hui. Les Britanniques décident de sortir de l’UE et le chef de
gouvernement, contre le bon sens, les usages diplomatiques et la raison
électorale, repousse sa démission et fait annoncer par ses adjoints que
le Royaume-Uni prendra son temps avant d’actionner les procédures de
sortie. Cette posture arrange tout le monde. Le président Juncker et les
chefs d’Etat et de gouvernement pourront crier au «scandale», dire tout
le mal qu’ils pensent de Cameron et du Brexit, n’empêche !
Personne, aucun mécanisme n’oblige à actionner l’article 50 du Traité de
Lisbonne. Et si c’était là le diable qui se cache derrière le détail ?
Les Britanniques veulent quitter le continent de l’UE et les décideurs
des deux côtés de la Manche ne veulent pas. Que faire ?
L’astuce, précisément, est de ne rien faire, laisser les choses traîner,
taper, formellement sur Cameron en attendant que ça se tasse et que les
experts de l’Europe trouvent le secret juridique pour annihiler le choix
des Britanniques. Un remake du traité de Lisbonne revu et actualisé.
Telle est la volonté des marchés, des banques, de l’ultralibéralisme,
des actionnaires, des Bourses et des USA. Nulle doute qu’elle sera
respectée.
Aujourd’hui, s’ouvre à Bruxelles le premier sommet de l’après-Brexit et
il a pour ordre du jour l’examen de la décision des Britanniques de ne
plus vouloir rester. 
La séparation sera, certes, formellement actée, le mariage ne sera pas
pour autant annulé. On sait comment entrer en Union européenne, mais on
ne sait pas comment en sortir ou même s’il était possible d’en sortir.
Sommet.
A. M.

Categorie(s): monde

Auteur(s): A. M.

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