PRODUITS ALIMENTAIRES ET DÉVALUATION DU DINAR: Les prix flambent

Lesoir; le Mercredi 4 Decembre 2013
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Depuis quelques jours, certains produits alimentaires
et nombre de produits agroalimentaires, souvent d’importation,
connaissent une forte hausse des prix. Des augmentations que les
commerçants de détail et de gros imputent à la récente dévaluation du
dinar.
Rym Nasri - Alger (Le Soir)
Sur les étals des épiceries et des superettes, plusieurs produits
alimentaires et agroalimentaires ont été touchés par une «inattendue»
hausse des prix. Des flambées que les vendeurs imputent aux grossistes.
De leur côté, les grossistes mettent en avant la dévaluation du dinar.
Une dépréciation qui, selon eux, s’est «automatiquement» répercutée sur
les activités des importateurs.
«Cette hausse des prix a touché les produits alimentaires et
agroalimentaires provenant de l’importation tels que les fromages, les
jus, les chocolats, les conserves, …», précise Hamid, commerçant
grossiste à Jolie Vue, à Kouba. Une augmentation qui selon lui, varie
entre 1 à 3%.
Pourtant, certains produits alimentaires ont atteint une hausse de 100%.
C’est le cas des légumes secs notamment l’haricot sec. «Le prix de gros
du premier choix de l’haricot sec, provenant de l’Amérique, est passé de
185 DA à 255 DA le kilo. Quant au choix moindre, provenant d’Egypte, il
est cédé à 220 DA le kilo», précise Hamid. Une flambée qu’il incombe au
«monopole» d’un seul importateur.
Idem pour la pâte de chocolat de la marque «Nutella» dont le pot de 800
grammes est passé de 460 DA à 620 DA. Un produit qui malgré son prix
«exorbitant» demeure rare sur le marché. «Le Nutella fait l’objet de
vente concomitante puisque l’importateur impose aux demandeurs d’autres
produits qui s’écoulent difficilement contre cette pâte à tartiner»,
explique le commerçant. Même les produits cosmétiques et d’hygiène
corporelle n’ont pas été épargnés. C’est ce que confirme Boubekeur,
commerçant grossiste de ces produits. «Les prix de certaines
marchandises notamment celles de l’importation ont connu une hausse
depuis plus de 20 jours», a-t-il affirmé. Chez son voisin Abderrahim,
grossiste de produits agroalimentaires, c’est la dissonance. Pour lui,
les prix de ses produits (fromages, jus, boissons énergétiques...) n’ont
pas bougé d’un iota. Et d’expliquer : «Tous ces produits proviennent
d’Amérique latine et de certains pays d’Asie notamment l’Inde et la
Chine. Comme le dollar américain a chuté depuis un mois et demi, les
prix des importations n’ont pas changé malgré la dévaluation du dinar».
D’autant plus, enchaîne-t-il, qu’«ici c’est le Souk du bazar. Il n’est
pas soumis au contrôle et n’obéit à aucune règle ou logique».
Les explications de l’UGCAA
L'Union générale des commerçants et des artisans algériens (UGCAA)
évoque, de son côté, plusieurs facteurs qui ont provoqué la hausse des
prix des produits alimentaires et agroalimentaires.
Selon son porte-parole, Hadj Tahar Boulenouar, la dévaluation du dinar
est en tête. Suivent les perturbations du marché mondial qui se
répercutent sur le marché national.
Il pointe aussi du doigt la «dépendance» de l’Algérie de l’importation
puisque, souligne-t-il, «nous importons plus de 50% des nos besoins en
produits alimentaires».
Autre facteur : la forte demande sur certains produits alimentaires en
cette période de froid. «Selon les importateurs et les fournisseurs, les
prix des légumes secs ont connu une hausse de 25 à 30%», précise-t-il
encore.
R. N.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): R. N.

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