PROMOTION IMMOBILIÈRE: Comment pallier le manque de constructeurs ?

Lesoir; le Mercredi 26 Decembre 2012
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Si la décision de créer une entreprise de réalisation a fait jaser plus d’un membre de l’assemblée générale, arguant que cela «ne relèverait ni des missions du fonds ni des prérogatives du Conseil d’administration», il n’en demeure pas moins, selon le directeur général, M. Mouloud Dahel, que c’est la «solution appropriée pour pallier le manque de constructeurs en Algérie et s’acquitter de l’obligation d’achever les travaux».
Lyas Hallas – Alger (Le Soir) – C’était le fait saillant d’une
session ordinaire de l’assemblée générale du Fonds de garantie et de
caution mutuelle de la promotion immobilière (FGCMPI) tenue hier à
l’hôtel El Aurassi. En effet, le Conseil d’administration du FGCMPI,
après avoir examiné le projet de création d’une entreprise de
réalisation proposé par le DG, a retenu le principe et a mandaté
celui-ci pour approfondir l’étude. Cela fait déjà plus d’une année. La
direction du fonds a présenté un dossier ficelé hier à l’assemblée
générale et la souscription au capital de la future société y fut
incluse à l’ordre du jour. Dans l’exposé des motifs, la direction du
fonds met en avant la «nouvelle exigence légale qui consiste à achever
le projet à l’arrêt pour cause de défaillance du promoteur». On a
constaté que l’interruption des travaux est due essentiellement à
l’incapacité des entreprises de réalisation. D’où l’idée de se doter de
son propre outil. Le programme de développement dans le domaine du
bâtiment, des travaux publics et hydraulique dépasse largement les
capacités de construction disponibles en Algérie et justifie la rareté
d’entreprises à même de répondre favorablement à la demande du fonds en
cas de «sinistre». L’entreprise aura naturellement «un but lucratif avec
un plan de charge équivalent à au moins 1 000 logements par an», même si
la priorité, souligne- t-on, «sera accordée aux projets à l’arrêt que le
fonds serait amené à relancer». La direction du fonds a suggéré de
monter cette entreprise dans le cadre d’un partenariat avec des
étrangers. Elle comptera ainsi trois catégories d’actionnaires à savoir,
le FGCMPI qui sera majoritaire afin de peser sur les décisions
stratégiques, les promoteurs immobiliers adhérents et un partenaire
étranger. Cette option pour la création de sa propre entreprise n’a
néanmoins pas fait l’unanimité au sein de l’assemblée générale car,
estime-t-on, le fonds, à la base, est un organisme à but non lucratif et
cette entreprise va le dévier de sa mission d’autant qu’une telle
décision ne peut être prise par le Conseil d’administration. Et à M.
Dahel de répliquer : «Nous agissons dans le cadre des lois qui régissent
le fonds. Le Conseil d’administration émane de l’assemblée générale ; il
a toute la latitude de prendre des décisions, mandater la direction pour
les exécuter et informer l’assemblée générale. Nous avons 4 000
logements dont les travaux sont à l’arrêt et que nous devons achever.
Dites-moi s’il y a quelqu’un parmi vous en mesure de les reprendre et
les livrer à temps, je signerai un contrat avec lui dès demain !». Il
convient enfin de noter que le fonds garantit, en moyenne, 1 100 projets
par an couvrant 92 000 logements. On dénombre 4 300 logements dont les
travaux sont à l’arrêt, soit 5 % du programme annuel garanti. Aussi,
l’assemblée générale a eu à renouveler partiellement les membres du
Conseil d’administration (3 sur 8, Ndlr) et à élire un conseil de
déontologie et un conseil de discipline.
L. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): L. H.

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