Sellal met en garde le Makhzen à partir d’El Oued :: «Celui qui nous cherche saura à qui il a affaire» !

Lesoir; le Mercredi 4 Decembre 2013
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De notre envoyé spécial à El Oued, Kamel Amarni
«L’Algérie ne cherche jamais à s’ingérer dans les affaires de ses
voisins. Elle reste fidèle à ses principes immuables depuis la
Révolution. Nous sommes disposés à aider quiconque de nos voisins pour
peu qu’il en exprime le souhait mais, en même temps, celui qui nous
cherche, saura à qui il a affaire !» Ce propos de Abdelmalek Sellal qui,
sans aucun doute, est destiné à Rabat, est incontestablement le message
le plus fort de ces dernières années à l’encontre de notre turbulent
voisin de l’Ouest.
Le Premier ministre choisira, pour ce faire, une wilaya frontalière, El
Oued, dans le sud-est, qui fait face également à d’autres menaces, d’un
autre type, certes. «Vous vivez dans une région qui connaît de grandes
turbulences», disait-il en effet à l’adresse des représentants de la
société civile locale. Il fait bien sûr allusion, ici, à la menace
terroriste permanente qui nous parvient de l’Est en raison de la
situation chaotique de la Libye. «Mais Dieu merci, notre pays vit, lui,
dans la stabilité. Oui, mes frères ! La stabilité est un trésor très
précieux qu’il nous faut préserver. Ce trésor, il nous faut nous battre
pour le préserver. La facture que nous avons payée pour l’obtenir est
tres salée», insistera Sellal qui n’ignorait pas, certainement, qu’il
était dans la région qui a connu le premier acte terroriste d’envergure
en 1991 déjà à Guemmar.
«Aujourd’hui, l’Algérie soutient ses voisins car elle est consciente de
ce que leur stabilité est la sienne aussi.»
Louant longuement les vertus de la stabilité, qui a permis à l’Algérie,
insistait-il, de connaître, «ces dernières années», un grand
développement, il tenait à citer des exemples. Il prend la consommation
de l’énergie. «Elle a augmenté de 40% ces cinq dernières années.» Il
fait la comparaison avec l’Espagne, la Turquie mais surtout… le Maroc !
«Notre consommation en énergie électrique est de trois fois plus que le
Maroc, par exemple.» Evidemment, le choix n’est pas innocent. Il faut
dire que ces derniers mois, le roi et son Makhzen, dans une posture
extrêmement belliqueuse, lancent une offensive à tous les niveaux contre
l’Algérie. Et c’est pour la première fois qu’une réponse aussi tranchée
leur parvient de la part d’Alger à un niveau de responsabilité aussi
élevé. Ceci dit, Sellal n’était pas allé à El Oued, hier mardi, que pour
cela. Cette sortie, comme toutes les autres depuis quelques semaines, se
voulait la promotion du bilan de Abdelaziz Bouteflika et de sa
candidature.
A bientôt quatre mois de l’élection présidentielle, cette véritable
campagne électorale se découvre même de nouvelles traditions. Comme à
Chlef et Relizane il y a une dizaine de jours, c’est le président de l’APW
qui «invite» tous les présents à exprimer «toute la gratitude à son
excellence le Président Abdelaziz Bouteflika et à exprimer notre soutien
à un quatrième mandat». Inutile de préciser que toute la salle, les
membres du gouvernement, leur chef compris, y répondait par une
«chaleureuse ovation». Sellal, lui, a définitivement fixé les thèmes de
la campagne. La «stabilité», bien sûr, les «acquis sociaux» et, plus
insidieusement, une «nouvelle politique économique pour le pays».
K. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): K. A.

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