SOIT DIT EN PASSANT: La tentation du diable !

Lesoir; le Vendredi 6 Decembre 2013
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Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
Il est des jours comme ça où lorsque la préoccupation favorite de
certains jeunes gens plus que celle de leurs aînés se focalise sur la
notion de débauche et sur le remède à lui administrer pour empêcher sa
propagation, vous vous demandez où l’Algérie a bien pu fauter aussi
gravement pour avoir à porter pareille abomination ?
Que s’est-il donc passé dans les mentalités des Algériens ? Depuis les
années 90, on a tendance à dire d’eux qu’ils ont fait leur expérience du
terrorisme et qu’ils sont revenus de l’islamisme. Faux ! Ils ont survécu
pour mieux s’adapter aux effets ravageurs du prosélytisme religieux.
Aujourd’hui, ce sont des jeunes en proie à une régression inféconde,
sans emploi et même pas soucieux d’en trouver qui vont tenter de
s’affirmer sur le dos d’une morale dont des imams leur confient la
responsabilité. Et qu’y aurait-il d’ahurissant, après tout, à s’en
prendre au genre féminin ? C’est le lot quotidien de victimes
expiatoires formatées pour subir en silence les agressions d’un autre
genre. Je suis prête à parier que le comité qui s’est créé avec l’aval
des imams, des services de sécurité et de la Protection civile est
exclusivement composé d’individus qui, à force de végéter, entrent en
conflit avec la partie de leur cerveau qui commande à leurs attributs de
s’animer ou non à la vue d’un corps féminin.
Après la chasse aux couples et les justifications d’une DGSN soucieuse
d’offrir une image exemplaire à un prédicateur à la une, qui improvise
des réponses charlatanesques aux interrogations de patientes sorties de
son imagination fertile, nous voilà invités à applaudir les enjeux d’une
campagne contre le maillot de bain et pour le port de la djebba ! Selon
les arguments avancés par les faiseurs de horma soucieux d’en étendre le
principe à toutes les plages du pays, la société algérienne aurait perdu
de sa ferveur. J’ignorais qu’en Algérie les femmes étaient des
inconditionnelles du bikini. On se demande pourquoi elles se plient aux
injonctions et se couvrent la tête, les bras et les jambes, été comme
hiver ! C’est sans doute pour échapper aux regards inquisiteurs que
certaines femmes courent se voiler.
M. B. 

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): M. B.

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