Soufiane Djilali dénonce l’appel au meurtre contre Kamel Daoud :: «Hamadache et Mezrag sont des pions utilisés par le pouvoir»

Lesoir; le Samedi 20 Decembre 2014
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«Hamadache et Mezrag sont des pions utilisés par le
pouvoir », assurait hier le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali.
S’exprimant devant les membres du Conseil national, réuni en session
ordinaire à l’Institut d’études et de recherches syndicales à El Achour
à Alger, Soufiane Djilali a dénoncé de nouveau l’appel au meurtre lancé
par l’imam salafiste Abdelfatah Hamadache contre le journaliste et
écrivain Kamel Daoud.

Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir)
Soufiane Djilali estimera ainsi que le journaliste a le droit
d’exprimer ses convictions, même «s’il n’a pas dépassé les limites» et
que, de même, chacun a le droit de contester ses propos. Mais «aller
jusqu’à l’appel au meurtre», le président de Jil Jadid y voit un
comportement, une extrême «inacceptable». Voire, «Hamadache de même que
Madani Mezrag sont des pions utilisés par le pouvoir» dans le but de
faire croire que le régime actuel est le meilleur garant contre
l’islamisme rampant, en référence à la décade 1990, n’écarte pas
Soufiane Djilali. Par ailleurs, le président de Jil Jadid, parti membre
de la Coordination nationale pour la transition et les libertés
démocratiques, a disqualifié le contenu de l’éditorial de la revue El
Djeich de l’Armée nationale populaire (ANP).
Certes, Soufiane Djilali concède que ce contenu pourrait être « normal »
dans la mesure où il démontre la situation «aux abois» du régime.
Néanmoins, il réfutera de manière ferme l’assertion notable selon
laquelle les membres de l’opposition sont des «aventuriers»,
constitueraient des «dangers» pour la nation et agiraient pour des
intérêts externes. Ainsi, le président de Jil Jadid appellera
l’institution militaire à apporter des preuves en ce sens.
Même, il estimera que l’ANP qui a cautionné le «coup d’Etat» du 17 avril
2014 devrait revoir sa conception du patriotisme, s’intéresser à la
réalité de la gouvernance actuelle outre l’opportunité d’enquêter sur
les détenteurs de cartes de résidence à l’étranger, dans une allusion
directe au secrétaire général du FLN, Amar Saâdani. Considérant que
l’opposition «unifiée», «renouvelée» est apte à proposer une
«alternative» en cas de changement, un changement « inéluctable» qu’il
s’opère de manière pacifique ou non, Soufiane Djilali invitera le
«pouvoir réel», selon lui diffus au niveau de la présidence et de l’ANP,
à avoir «le bon sens». Ainsi, il appellera les tenants du pouvoir à
«ouvrir un débat réel», constructif et non biaisé avec cette opposition,
dans le but fondamentalement de consacrer la pratique démocratique.
Mais aussi de sortir du contexte national marqué notamment par la
«paralysie», l’«anarchie» sur tous les plans et une quête citoyenne du
changement pacifique, un contexte que le président de Jil Jadid avait
longuement explicité en ouvrant les travaux de cette session ordinaire,
consacrée par ailleurs à des questions organiques dont la maturation du
règlement intérieur et l’évaluation du processus de structuration.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

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