SYSTÈME ET BUREAUCRATIE: Comment un monstre en couve un autre  : (2e partie et fin)

Lesoir; le Dimanche 30 Decembre 2012
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Par Kamel Khelifa
Une autre caractéristique du système est le manque de gratitude à
son égard. Dès qu'un personnage politique a été démis de son statut,
défait de son personnage et congédié de son rôle, il retourne la veste
et tombera à bras raccourcis (en sourdine) sur un système qui le pousse
à déréaliser.Combien de désillusions a-t-il créées autour de lui ? Même lui
l’ignore, en dépit de ses multiples ramifications. Mais,
reconnaissons-lui tout de même qu'il a créé la rente qu'il distribue
généreusement de manière à ce que chacun (même remercié) lui restera
attaché, par le fait même qu’il en soit débiteur. Il se méfie en
revanche de ceux qui tentent de lui échapper, en vivant en dehors de ses
prébendes et de la prédation, pour se mettre en conformité avec la loi,
en harmonie avec le droit, en phase avec la morale... Le système est
sans foi, ni loi. Il est sans concession pour ceux qui se mettent en
travers de sa route. Corrupteur, il sait fabriquer, repérer, dénicher
les corrompus potentiels pour en faire des alliés et de solides piliers.
Dans le système, l'impunité est totale, sauf si ses auxiliaires et leurs
intérêts sont remis en cause. Dans ce cas, on désigne à la vindicte
populaire un «coupable », un lampiste, un responsable parfois créé de
toutes pièces... Si le peuple est mis hors jeu, hors temps, hors espace,
hors tout, il est loin d'être hors de portée du système et de ses
chausse-trappes, savamment tendues, dans un dessein de désintégrer
l’individu, le déshumaniser et le réduire à l'insignifiance. Cet état
personnel et cette impuissance collective vont se traduire par une
démission générale et une abdication individuelle avec des coûts sociaux
énormes subis par la collectivité nationale, en soins médicaux, en perte
de productivité industrielle et manque de production intellectuelle,
culturelle, à moins de fuir à l’étranger. Le «vivre-ensemble» est devenu
problématique, sans consultation et encore moins de participation à un
projet de société, donc sans espoir de cultiver au moins l'idée de
construction citoyenne d'une destinée historique commune. Cette réalité
politique a conduit l’Algérien à dissoudre son «je» singulier dans la
masse informe. La vertu première du système est de distribuer grassement
ce qui ne lui appartient pas : les postes de responsabilité ; les
nominations à des postes à l’étranger ; les logements et terrains à
construire ; les prises en charge pour des soins dans des hôpitaux
prestigieux en France, Belgique et autrefois à Bratislava pour des cures
de jouvence ; l'octroi à un moment donné des bons d'acquisitions de
voitures, y compris l’obtention de pièces détachées; de téléphones
portables (quand cet objet n’était alors qu’un gadget) ; la délivrance
du registre du commerce, lorsque l’obtention de celui-ci relevait du
parcours du combattant et nécessitait des interventions. Le système
détient, entre ses puissantes mains, les clefs de l’écluse du pays qu’il
ouvre et ferme à sa guise, en échappant à tout contrôle, y compris celui
des gouvernants qui président à un moment donné de l’histoire de
l’Algérie. Les exemples de scandales étalés dans la presse, notamment de
Sonatrach, de l’autoroute Est-Ouest, etc., d’autant que les ministres
mis en cause dans ces affaires narguent la collectivité nationale dans
son ensemble, ne confortent-ils pas ainsi la thèse selon laquelle celui
qui vole une baguette de pain aura affaire au système et ceux qui s’en
mettent plein les poches sont épargnés ? Quand Omar Ghoul, le ministre
des Travaux publics, mis en cause par la presse, déclare «clos le
dossier de l’autoroute Est- Ouest», se comporte-t-il en justiciable, ou
comme un «magistrat», convaincu d’être au-dessus de la loi ? Le système
est devenu un véritable monstre qui échappe à tout contrôle, à l’image
de celui fabriqué par Victor Frankenstein, personnage né dans
l’imaginaire de la romancière britannique Mary Shelley, et qui finira
par échapper à l’auteur de ses jours. Des membres du gouvernement, des
magistrats, des agents de l'ordre, des partis politiques, des
organisations de «masse», la société civile, les organisations
professionnelles, les associations culturelles et de quartier, enfin
tout le monde, vous, moi et tous les autres, nul n'échappe au système
car son pouvoir est sans limite. Dans des pays où le système s’empare
des leviers de commandes, rien ne fonctionne correctement : rien n’est
dû, tout est «donné», «accordé», «distribué», «attribué», «octroyé»
parcimonieusement et parfois par le plus haut niveau de la hiérarchie,
de manière à rendre inaccessible les avantages offerts par ce pays au
commun des mortels. Il faut sans cesse faire appel aux relations et
connaissances, y compris pour l’obtention d’un juste droit.
L’intervention d’un proche, d’un parent, d’un ami, d’un voisin et
parfois le recours au concitoyen ( oulid el bled) ou l’enfant du
quartier ( oulid el haouma) est parfois suffisante pour servir et faire
valoir de droit une démarche… Même ces interventions obéissent à loi du
«donnant-donnant», sans quoi il faut mettre la main à la poche pour
l’obtention du service rendu. «L’interventionnisme» (fondé sur les
interventions), phénomène de société en Algérie, est devenu la règle,
sans laquelle un juste droit ne peut être obtenu, sans devoir montrer
patte blanche, généralement en argent sonnant et trébuchant. Mais à qui
profite ce vaste business, sinon à des bureaucrates véreux ? La vraie
force du système, c’est de laisser-faire puis soudain, il entreprend un
vaste chantier de régularisation de milliers de dossiers en attente
pendant des mois, des semestres, des années…, créant ainsi des attentes
pouvant durer des mois, au point de pousser «les contrevenants» à faire
appel à la formule précitée des trois PPP (piston, pognon, pote). Le
meilleur exemple est illustré par la délivrance des certificats de
conformité des maisons construites, dont les autoconstructeurs attendent
des années (avec des risques de voir son dossier égaré, sans possibilité
de recours aucun !!!), sous des formes bureaucratiques assez
pernicieuses… A cet effet, les exemples pullulent.
La bureaucratie (pouvoir des bureaux) en question
«Nous n'avons pas d'Etat, mais des administrations. Ce que nous appelons
la raison d'Etat, c'est la raison des bureaux qui permet à
l'administration de cacher ses fautes et de les aggraver» Anatole
France, l'Anneau d'améthyste. Entre le peuple algérien et ses
gouvernants se dresse une chaîne de montagne immense, qui traverse de
part en part le pays. Cette montagne ne s'appelle pas l'administration,
comme le disait Anatole France (car elle est en voie de disparition en
Algérie), mais la bureaucratie. Je fais une nette distinction entre
l’administration, réputée être au service du citoyen et la bureaucratie
dont l’administré devient son auxiliaire, pour faire une grande partie
de son travail, comme le bœuf est l’auxiliaire du laboureur… La
bureaucratie est une institution froide, dirigée par des ronds de cuir
en partie sadique, cupide, véreux, prétentieux. Les éléments de cette
institution informelle possèdent d'autres caractéristiques communes
d'avoir peu de formation, sans trop de caractère et encore moins
d'humanité... Il importe que ses objectifs et ses intérêts soient
satisfaits. Une bureaucratie chargée de dossiers contenant autant de
paperasses saturées d'encre, de cachets humides multicolores et de
signatures aussi inutiles que la déforestation de l'Amazonie, sinon de
satisfaire les besoins d'une bêtise monumentale : la soif de pouvoir et
la cupidité, généralement motivés par la satisfaction d’un égo
monumental, comme seuls les Méditerranéens en général en possèdent et
certains de nos compatriotes en particulier.
Les interdits et l’impunité, sources de la corruption
Comme évoqué, la corruption est un fléau qui s'est glissé depuis les
débuts de l'indépendance dans le corps politique (avec notamment
l’instauration de l’autorisation de sortie du territoire, instaurée en
1967), puis a progressivement touché tout le corps social. Ceux qui se
sont défendus de ce mal incommensurable, et il en existe beaucoup, ont,
certes, conservé leur honneur et leur dignité intacts, mais ils ont
rejoint définitivement les rangs des bannis, même s’il fut un personnage
de haut rang ou de premier plan. La bureaucratie a tout le temps pour
elle, mais le citoyen n’en dispose pas d’autant. Du coup, pris en faute,
à laquelle il a été souvent acculé, il consent à se plier aux exigences
du système et se livrer à des compromissions contraires à sa conscience,
tant de fois chatouillée qu’elle finit par être immunisée ; en cause
l’absence de tous les attributs d’un Etat véritable, en l’espèce : la
force de la loi, la puissance publique, la manifestation de la vérité et
l’application de la justice, en cas de nécessité ; autant d’arlésiennes
absentes de la pratique de tous les jours. Et lorsqu’on daigne afficher
des lois, elles sont interprétables à loisir, selon les poids
spécifiques et l’importance de chacun, auxquels les plus faibles ne
peuvent y recourir, même lorsqu’ils sont dans leur bon droit. Les sbires
et autres petits bureaucrates, profitant de lois et règlements ineptes,
pour se donner un peu de considération et pas mal d’argent, sont,
certes, condamnables, mais ceux qu’ils faut criminaliser surtout ce sont
certainement leurs responsables et audessus d’eux le législateur,
détenteur de ce pouvoir insensé de faire des lois et règlements dont
personne n’en connaît l’existence parce qu’il arrive parfois qu’un
décret d’application n’est pas paru ou qu’une circulaire «non publiable»
a pris à contre-pied le contenu de la loi... C’est-à-dire que ces textes
contenant des directives sont pondus pour le seul usage du bureaucrate,
lequel en fera l’usage qu’il veut, parfois davantage conforme aux
intérêts sordides des agents que ceux des citoyens. Si, sous d’autres
cieux, celui qui n'est pas touché par la corruption est considéré comme
incorruptible, en Algérie cela devient une tare et le sujet est
catalogué de tous les noms : «mauvais caractère», «infréquentable»,
«rebelle», quand il n’est pas traité de contre-révolutionnaire, de
réactionnaire, etc., selon un lexique officiel apprêté. Frappé d'un tel
malheur, parce que le système n’est pas arrivé à l’«enrôler» ou le
mettre au pas, il sera mis au ban avec inévitablement une étiquette
collée au dos, comme autrefois dans la Rome antique étaient proscrits
sans jugement les opposants au régime du Triumvirat. Son mode opératoire
: les interdits avec pouvoirs discrétionnaires accordés aux bureaucrates
d'interpréter librement et en toute impunité la loi... Pris au piège et
sans recours aucun, il ne reste à l’individu qu'à implorer le ciel ou
faire appel à la formule des trois P (piston, pognon, pote), déjà
évoquée. Le problème sans cesse posé par la bureaucratie a donné lieu à
la constitution de plusieurs commissions et décisions molles des
décideurs pour venir à bout de ce véritable fléau social.
Genèse des commissions de lutte contre la bureaucratie
Déjà, sous le régime de H. Boumediène, un comité de réflexion avait été
constitué en 1976, chargé de se pencher sur ce fléau social, suite,
entre autres, aux scandales nés du formalisme outrancier instauré autour
de la délivrance des passeports et de l’autorisation de sortie du
territoire national... Il semble que nos compatriotes aient la mémoire
courte, mais pour ceux qui s’en rappellent encore, l’obtention de ces
pièces de voyage était soumise à de tels tracas bureaucratiques que la
pratique du pot-de-vin (chippa) s’était imposée pour se généraliser
suivant des barèmes bien établis et selon le caractère d’urgence de la
demande de sortie d’Algérie. C’était une armée d’intermédiaires de la
bureaucratie qui manageait la délivrance de ces documents : la
délivrance de l’autorisation de sortie se monnayait pour la bagatelle de
300 à 500 DA, selon l’urgence et le passeport entre 200 et 400 DA…
Valeur à multiplier par mille pour trouver l’équivalent/dinar
d’aujourd’hui. Au lendemain de sa désignation à la tête de l’Algérie,
Chadli Bendjedid, alors secrétaire général du Parti et chef de l’Etat,
avait constitué en 1981 une autre commission dont le rôle consistait à
faire un état des lieux sur ce que l’on avait à l’époque qualifié de
«maux sociaux». Ainsi, un diagnostic et des propositions de lutte contre
la bureaucratie devaient résulter des travaux de cette commission qui
avait émis des suggestions… propres à éradiquer ce phénomène destructeur
du destin commun et de ce qui restait comme vestiges d’administration.
Au grand désespoir des bureaucrates, l’autorisation de sortie ayant été
purement et simplement supprimée et le formalisme entourant la
délivrance du passeport était nettement allégé, avec en prime une
allocation touristique accordée une fois par an à tous les citoyens
algériens désireux de se rendre à l’étranger. C’était une avancée
majeure à l’époque pour un peuple frustré par les pénuries de toutes
sortes de produits et privé en plus d’aller se «ventiler» un peu à
l’étranger, s’il en avait envie… Par rapport à son prédécesseur, le
nouveau président avait fait une véritable révolution par ce geste de
bonne volonté, ce qui lui avait valu la sympathie des Algériens dont
beaucoup avaient applaudi ces mesures ; vues d’un très mauvais œil par
les bureaucrates qui enregistraient autant de manques à gagner et par
les barons des pénuries qui perdaient gros avec l’instauration du PAP
(programme anti-pénurie)… A son tour, Mohamed Boudiaf, le premier
président du Haut-Comité de l’Etat, avait à l’esprit le phénomène
bureaucratique auquel il entendait «livrer une lutte sans merci», selon
ses propres termes confiés à un ami, le regretté Mokhtar Boutaleb,
ancien membre de la Ligue des droits de l’homme. Connaissant la
détermination de l’homme, qui a connu le sort que l’on sait, il était
certain qu’il serait parvenu à un certain résultat, à défaut d’éradiquer
totalement le mal dont souffrait la société algérienne et qui s’est
amplifié durant la décennie dite rouge, au point qu’il n’échappe plus
aux Algériens que toute démarche, même pour un juste droit, doit
conduire nécessairement à l’intervention de proches, des relations ou de
connaissances, ce qui est appelé communément «el mâarifa»
(connaissances), «khait» (un fil conducteur, piston) ou bien «douzen» (flouss),
quand il s’agit de mettre la main à la poche. A sa prise de fonction, en
tant que chef de l’Etat, le général Liamine Zeroual s’était également
préoccupé du fléau constitué par la bureaucratie et en ce sens des
médiateurs de la République furent nommés, comme recours social à tous
les problèmes vécus par les citoyens dans leur quotidien affreux… Le
travail fait par ces médiateurs, même s’il n’était pas parfait, a quand
même produit un certain résultat, dans la mesure où le pouvoir
bureaucratique commençait à perdre de sa superbe, de crainte d’être
confronté à ce contrepouvoir naissant. A la surprise générale, cette
institution n’a pas survécu à son initiateur, puisque le Macc profitera
du premier changement venu pour faire oublier jusqu’à l’existence de ce
corps institutionnel… En s’installant à la tête de la présidence de la
République, le président Abdelaziz Bouteflika avait institué un autre
groupe de travail, dans le cadre de la commission Sbih, et dont les
conclusions rejoignaient celles précédemment remises à ses
prédécesseurs. Mais depuis lors, non seulement le rôle protecteur du
citoyen par l’Etat fut amoindri, mais celui de la bureaucratie amplifié
et l’impunité de ses sbires généralisée, à telle enseigne que le
système, n’ayant jamais été autant puissant, a désormais la bride sur le
cou. Même si, il faut le reconnaître, de nombreux élus, hauts
responsables, hommes portant l’uniforme, gens assermentés, etc., sont
mis en examen (petite partie visible de l'iceberg), pour diverses
affaires judiciaires liées à des abus d’autorité, de corruption, de
détournements et de dilapidation de deniers publics, etc., mais combien
le système compte de gens qui se tiennent par la barbichette ? Ils ne se
comptent plus. Ce sont ces nombreuses questions qui posent toute la
problématique de l’existence virtuelle de l’Etat, du rôle de l’informel
initié par le système, de la dissolution de l’administration étouffée
par la bureaucratie, de l’effacement de la fonction de fonctionnaires au
profit de celle de sbires, cooptés parfois à des postes de décision
stratégiques. Dès lors qu’aucune volonté politique ne peut s’exercer
contre ces fléaux socioéconomiques, destructeurs du destin commun,
n’est-ce pas donner raison à toutes ces voix qui s’élèvent depuis
toujours pour dire que l’Algérie n’a pas pu se doter d’un Etat digne de
ce nom, avec des directions politiques en mesure de faire fonctionner
convenablement l’administration ? Mais apparemment, ces organes et
ressorts réputés être ceux d'un Etat républicain étaient destinés
beaucoup plus à servir la pseudo-révolution (devenue au fil du temps un
système aux pouvoirs surnaturels et démoniaques) et le pouvoir des
bureaux (bourreaux) par elle instauré. N’était-ce pas le vœu des hommes
forts de la République algérienne démocratique et populaire naissante à
l’indépendance, ces inspirateurs de la Charte d’Alger du parti FLN en
1964, de faire en sorte que les «militants», les «masses laborieuses»,
la justice, l’armée, les forces de l’ordre, etc., enfin toutes les
forces vives soient au service exclusif de la «révolution» ? Voilà
comment l’Etat, censé être républicain, le peuple supposé être libre et
son administration responsable de l’exécution de ses missions, se sont
retrouvé aliénés au lendemain de l’indépendance par une «révolution»
dévastatrice ; poussant ainsi des centaines de milliers d’Algériens à
aller chercher sous d’autres cieux un peu d’ordre, une meilleure qualité
de vie et un statut de citoyen ayant un minimum de droits. Ces derniers
temps, pour faire illusion devant la grogne contre la bureaucratie et
les maux sociaux qui gangrènent le pays, on a cru utile de créer des
sites en ligne, comme le portail e-citoyen, elmouwatin.dz, lancé en juin
2010, à l’instar de beaucoup d’autres comme e-commune ou e-santé,
présentés en grande pompe comme des sortes de «guichet unique», avec
pour principale mission de renseigner et d’informer les citoyens. Ainsi,
de nombreux textes de réglementation, «liens utiles» et autres annuaires
et guides, en ligne et en édition papier, guident la navigation du
citoyen. Et chaque service renvoie directement vers la page du site
concerné… Or, sous d’autres cieux, l’intérêt de tels sites n’est pas
seulement d’énumérer les textes de loi, les droits et devoirs du
citoyen, mais bien de lui permettre d’obtenir (si besoin est) ses
documents (acte de naissance, certificat de résidence, redevances et
factures), et d’une manière générale toutes la paperasse autant
redondante qu’inutile (dont la bureaucratie gourmande en a fait sa
raison d’être et son pain béni), à partir de son ordinateur, sans devoir
se déplacer… Mais nulle part sur ces sites, il n'est affiché la volonté
politique et administrative de répondre aux questions lancinantes posées
par des millions d'Algériens : en l’espèce, savoir comment ne plus se
faire renvoyer d’un bureau à un autre ? Comment faire pour limiter la
redondance de papiers à présenter, d’autant que les administrations les
possèdent à un titre ou un autre ? Quels sont les recours possibles,
lorsqu’un citoyen est victime d’un abus de pouvoir ou n’est pas
satisfait du service, en dehors de ces registres de doléances d’aucune
utilité, dès lors qu’aucun contrôle citoyen ne s’exerce sur les suites à
donner… La volonté politique algérienne relève de la cryptozoologie,
science s’occupant d’espèces animales n’ayant jamais existé ou dans la
réalité est sujette à caution, comme le serpent de mer dont tout le
monde parle sans que personne ne l’ait vu, en dehors de témoignages
devenant à la longue des mythes. Les Algériens croiront à cette volonté
le jour où le «mythe» prendra une forme réelle, matérialisé par
l’instauration de véritables contre-pouvoirs susceptibles de lui
apporter la contradiction politique !
K. K.

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Auteur(s): K. K.

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