TOXICOMANIE: Les spécialistes de la santé en faveur d’une prise en charge médicale

Lesoir; le Mardi 25 Decembre 2012
2

Qualifiant le toxicomane de malade qui nécessite une prise en charge médicale, les spécialistes de la santé interpellent les pouvoirs publics pour généraliser l’application des textes de loi relative à la lutte contre la drogue. En vertu de cette loi de 2004, le toxicomane peut aller dans un centre de traitement au lieu d’une prison.
Salima Akkouche – Alger (Le Soir) – S’exprimant, hier, lors d’une rencontre débat au quotidien DK News sur la toxicomanie, Mohammed Saleh Adli, médecin légiste, au CHU de Bab El Oued, a indiqué que les textes de loi relatifs à la lutte contre la drogue sont appliqués partiellement. Pour ce légiste, un toxicomane doit être considéré en tant que personne malade. De ce fait, il doit être orienté vers les centres de soins et non de détention. Etre sous l’effet des psychotropes n’exempte, cependant, pas l’auteur de ses crimes. Selon le Pr Ziri, psychiatre au CHU de Tizi-Ouzou, « la responsabilité est totale au cas où une personne commet un crime sous l’effet de la drogue». Le spécialiste a indiqué que l’Algérie compte mettre en place 53 centres intermédiaires de soins en toxicomanie, à l’échelle nationale dont une partie est déjà réceptionnée. Il est prévu également la mise en place de 13 centres de désintoxication. Selon ce psychiatre, la drogue touche entre 3 à 5% de la population mondiale soit 185 millions d’individus dont 34 millions résident en Afrique. La toxicomanie touche les jeunes à partir de 17 ans et les types de drogues les plus consommées en Algérie sont le cannabis, les psychotropes et l’alcool. Dressant le profil d’un toxicomane, le docteur Ziri, le qualifie d’un jeune adolescent célibataire, chômeur, d’un niveau scolaire et socio-économique moyen, habitant les zones urbaines. L’intervenant a rappelé que l’Algérie s’est attaquée au phénomène, dès les années 70 suite à l’enregistrement des premières saisies de cannabis, en mettant en place la première loi de répression et le premier centre de cure à Blida. Le docteur Ziri estime que la déperdition scolaire, les problèmes socioéconomiques et le chômage sont des facteurs qui poussent les jeunes à s’adonner à la consommation de drogue.
S. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..