24e jour du procès de la caisse principale d’El Khalifa Bank, Des débiteurs devenus créditeurs à l’agence de Blida

Liberte; le Mardi 6 Fevrier 2007
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D’une agence à une autre, les opérations irrégulières se suivent. C’est au tour de l’agence El Khalifa Bank de Blida de révéler certaines facettes d’une gestion qui laisse pour le moins perplexe. Notamment certains dépôts des OPGI.Le tribunal a entendu l’accusé Belaïd Kechade, ex-cadre à la BDL, universitaire, qui aura été le premier directeur de l’agence de Blida. C’est par l’entremise de Tahar Mekkadem qu’il connaissait qu’il a déposé un dossier de recrutement. Son contrat, il l’a signé le 5 janvier 1999 et il prendra la direction de l’agence de Blida le 8 février de la même année pour un salaire de 46 000 DA par mois. L’agence a eu pour premiers clients des particuliers et des commerçants. Ce n’est que par la suite que les “gros” déposants ont fait leur entrée. À l’occasion d’une réunion trimestrielle avec les chefs d’agence, le P-DG de la banque les a instruits afin de prendre attache avec les entreprises et organismes pour les dépôts à terme. “Toutes les banques font ce travail, obligé qu’il nous le dise. C’est normal.” Il prendra attache avec les entreprises. “J’ai commencé à les contacter la 2e année…”. Les deux premières à avoir ouvert des comptes courants, l’EPLF et l’OPGI de Blida. Les avantages proposés ont trait, selon Belaïd Kechade, à la qualité du service, aux placements à taux préférentiels. “Nous avions une grille à hauteur de 9%. Au-delà, la DG donnait son aval.” Les taux variaient entre 8 et 13%. Belaïd Kechade commencera également à se rapprocher à partir de l’an 2000 des OPGI répartis dans différentes wilayas du pays, majoritairement à l’Est. Telles que celles de Constantine, Guelma, Annaba, Bordj Bou-Arréridj, Sétif, Batna, Khenchela et Tébessa. Il s’agissait pour lui de “démarcher” les OPGI pour leur proposer l’ouverture de comptes sachant que KB n’avait pas encore d’agences dans ces villes. Le plus gros client étant l’OPGI de Blida avec un dépôt initial de 300 millions de DA et qui a atteint les 500 millions de DA par la suite. Interpellé par le tribunal, l’accusé dira avoir seulement “entendu parler” des avantages en billets gratuits ou voitures offerts aux responsables des entreprises. Il signera néanmoins une convention de crédit de 5 millions de DA avec le responsable de l’OPGI de Constantine, celle-ci coïncidant avec le DAT effectué par la structure et s’élevant à 150 millions de DA. Dans la majorité des cas, ses déplacements, il les effectuait seul. Quelquefois, il était accompagné par Ighil Meziane et Abdelhafidh Chachoua. Une autre personne accompagnait, selon le PG, l’accusé chez le directeur de l’OPGI d’Oran, il niera les faits. Concernant Ighil Meziane, il précisera que ce dernier l’a accompagné pour “des démarches préliminaires, il n’était pas présent lors des négociations”. Néanmoins, ce sont surtout 13 opérations suspectes effectuées durant les premières semaines de la liquidation qui focaliseront l’attention du parquet. Leur montant s’élève provisoirement à 121 millions de DA. Treize comptes débiteurs deviendront du jour au lendemain et par “la grâce des choses” créditeurs, certains appartenant à des proches de Belaïd Kechade, notamment ceux du frère de l’accusé débiteur de 2 millions de DA et de Djellouli Abdelwahab, frère de l’actuel propriétaire entre autres de Digimex et de Novograins et patron depuis plus d’une année de Belaïd Kechade. L’opération a été effectuée grâce au mot de passe de son successeur à la direction de l’agence, Faycel Zerrouki, en congé au moment de ces opérations. Il niera avoir effectué ces mouvements arguant qu’il avait été chargé du recouvrement par le liquidateur.Concernant le sponsoring de l’équipe de football, l’USMB, signé en 2000, il révèlera que les primes et salaires des joueurs s’élevaient à près de 1,5 milliard de centimes par an. Abdelhafidh Chachoua était bien présent, selon lui, lors de la négociation du sponsoring mais il a juste “assisté” ce jour-là. Son successeur à l’agence de Blida lui succédera également à la barre. Zerrouki Faycel, qui a travaillé aux agences de Cheraga et des Abattoirs, sera nommé directeur de l’agence de Blida à compter d’août 2001 jusqu’à la liquidation. En novembre 2003, il sera convoqué par la liquidation et il apprendra l’existence des 13 opérations suspectes. Il dira avoir été en congé au moment des faits et révèlera que son code était connu au niveau de l’agence. Autre sujet abordé, le sponsoring de l’USMB. L’opération s’arrêtera, selon lui, à son arrivée à l’agence. Le compte du club avoisinait les 13 millions de DA. Il niera être au courant de l’existence de bons de caisse anonymes détenus par des clients de l’agence et dont les numéros de série se répètent. Moncef Badsi, le liquidateur d’El Khalifa Bank, reviendra à la barre pour expliquer les 13 opérations découvertes par ses services. Il s’agit indubitablement pour lui d’un “acte prémédité” d’autant que la date, le 13 août 2003, ne permettait pas une telle opération. La liquidation étant déjà en cours. Il révèlera également l’existence “de comptes fictifs de clients” au niveau de cette agence. Certaines “contrevérités” prononcées durant le procès dérangent le liquidateur, notamment le remboursement des bons de caisse et la compensation. Les 13 opérations représentent une intention “d’évacuer le client pour qu’il ne soit jamais inquiété”. Le “drame” des comptes à ordres qui recouvraient 76% des opérations de KB. Il confirmera que Faycel Zerrouki était en congé au moment des faits. Le liquidateur a procédé à la régularisation des écritures, soit à un retour à la situation de débiteurs des 13 clients.Le tribunal entendra par la suite Ighil Meziane, ancien entraîneur de l’équipe nationale et ex-président du NAHD. Il expliquera qu’en sa qualité de membre bénévole de l’équipe dirigeante du club, il a été chargé de contacter les éventuels sponsors. Il a rencontré RAK pour la première fois début 2000 dans ce cadre. Il était accompagné d’un des dirigeants du Nasr de Hussein Dey. RAK leur a affirmé sa disponibilité à sponsoriser l’équipe. C’est ce qu’il fera à hauteur de 5 à 6 milliards de centimes par an avec des primes de 15 000 DA par match gagné aux joueurs, ainsi qu’un salaire mensuel allant de 5 000 à 20 000 DA. Les primes de signature variaient, quant à elles, de 50 millions à 300 millions de centimes. Il deviendra également un conseiller sportif chargé de la création d’une direction sport pour un salaire de 100 000 DA par mois sans contrat, ni fiche de paie. Il mettra également à la disposition du club des équipements provenant d’un magasin de sport lui appartenant à Blida, le financement était de KB. Il bénéficiera d’une ligne de crédit de 12 millions de DA. Ighil Meziane confirmera s’être rendu à des OPGI avec Belaïd Kechade, “cinq ou six” au gré des matchs de son équipe. Les discussions tournaient, selon lui, à ce moment-là autour du sport. “J’étais là-bas en tant qu’image de personnalité sportive. Cela faisait partie de la promotion. C’est une des obligations de la convention et du marché du NAHD.” Il niera avoir été impliqué dans les négociations pour les dépôts. Il reviendra sur les élections de la FAF. Il était sur la liste de M. Makhloufi une année avant l’élection de M. Raouraoua et expliquera avoir été candidat à “la candidature de président de la FAF” sur insistance de présidents de club et de ligue, malgré la confirmation par Djamel Guelimi de la conversation qu’il a eue avec RAK le concernant. Il niera les faits relatés par D. Guelimi. Samar Smati

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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