37 estivants mitraillés sur une plage à Sousse, Carnage à Tunis

Liberte; le Samedi 27 Juin 2015
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La Tunisie a encore été touchée au cœur par le terrorisme islamiste, qui fragilise davantage ce pays voisin en pleine transition politique.
Trente-sept personnes, dont au moins treize touristes étrangers, ont péri, hier matin, dans l’attaque terroriste qui a visé le complexe touristique Imperial Marhaba à Sousse, selon le bilan fourni par le ministère de l’Intérieur tunisien. Trente-six autres personnes ont été blessées par les tirs du terroriste, un jeune étudiant originaire de Kaïrouan qui a été abattu, a précisé sur les ondes de la radio Mosaïques FM le secrétaire d’État auprès du ministère de l’Intérieur, Rafik al-Cheli. “Nous confirmons que parmi les victimes, il y a un citoyen belge et cinq Tunisiens”, a déclaré un porte-parole du ministère à l'agence russe Sputnik News. Cinq Allemands, quatre Britanniques et trois Français étaient aussi sur la liste des victimes, a ajouté la même source. Âgé d’à peine 24 ans, le “seul” assaillant de cette horrible attaque terroriste “s’est infiltré par l’arrière de l’hôtel et a ouvert le feu”, a précisé le porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui, cité par l’AFP. Inconnu de la police, “l’auteur de l’attaque terroriste a été tué lors de l’échange de coups de feu avec les forces de l’ordre”, a précisé M. Aroui. Selon la version en ligne du quotidien tunisien al-Chourouk, citant des témoins, l’auteur de ce carnage est venu à la plage, habillé en short. “Il avait dissimulé son arme, de type Kalachnikov, dans un parasol”. Il a commencé à tirer sur les estivants installés au bord de la plage, tuant quatorze personnes au moins, puis dans la piscine du complexe où il a tué quatre autres personnes, ont affirmé les mêmes sources. Avant sa neutralisation, il a réussi à s’introduire à l’intérieur d’un des bâtiments du complexe touristique où il a encore ouvert le feu, faisant d’autres victimes. Un présumé complice aurait été arrêté par les services de sécurité, selon des informations concordantes. Une photo montrant son arrestation a été mise en circulation sur les réseaux sociaux. Une opération de recherche d’éventuels autres terroristes a été lancée, quelques minutes après cette attaque, dans toute la ville de Sousse et la sécurité a été renforcée, ont indiqué les autorités tunisiennes. L’attentat d’hier est le plus sanglant en Tunisie depuis le début de la tourmente sécuritaire. Le 18 mars dernier, un attentat également sanglant a visé le musée du Bardo, à Tunis, tuant 21 touristes étrangers et un policier tunisien. Cette attaque avait été revendiquée par la branche de l’État islamique (EI/Daech), qui a affirmé aussi être derrière l’assassinat de trois gendarmes le 15 juin à Sidi-Bouzid, d’où est partie en janvier 2011 la révolution du Jasmin contre l’ancien régime de Zine El-Abiddine Ben Ali. Avec l’attaque d’hier, c’est l’économie du pays qui est directement touchée, car le secteur du tourisme représente environ 7% du produit intérieur brut et offre plus de 400 000 emplois directs et indirects, selon les chiffres officiels. En avril, le secteur avait déjà enregistré de très mauvais résultats, avec un recul (sur un an) de 26% aussi bien du nombre de touristes et des recettes, selon la Banque centrale du pays. Pour rappel, en 2013, un kamikaze s'était fait exploser sur une plage de Sousse, mais sans faire de victimes. Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, qui s’est rendu sur le lieu du drame, a indiqué qu’“on s'est aperçu aujourd'hui que la Tunisie est face à un mouvement international. Elle ne peut répondre toute seule à cela. Pour preuve, le même jour à la même heure la France a été la cible d'une opération pareille, le Koweït aussi. C'est la preuve qu'il faut une stratégie globale et que tous les pays actuellement démocratiques doivent unir leurs forces”, ont rapporté les médias locaux et les agences de presse. Quelques minutes après cette attaque de Sousse, de nombreux pays ont manifesté leur solidarité avec la Tunisie, dénonçant eux aussi la vague d’attentats terroristes qui ont eu lieu en France, en Somalie, au Koweït et en Syrie où l’État islamique a exécuté plus de 150 civils à Kobané, dans le nord-frontalier avec la Turquie. Le président français François Hollande et son homologue tunisien “ont exprimé leur solidarité face au terrorisme et leur intention de poursuivre et intensifier leur coopération dans la lutte contre ce fléau”, lors d'une conversation téléphonique vendredi, selon la présidence française, a rapporté l’AFP. “Les démocrates feront toujours front contre la barbarie”, a écrit le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy sur son compte twitter.

L. M.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Lyès Menacer

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