Abderrahmane Benkhalfa l’a annoncé jeudi à l’Assemblée, La loi de finances tiendra “sérieusement” compte de la baisse des recettes

Liberte; le Samedi 27 Juin 2015
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Six ministres ont fait le déplacement à l’APN, jeudi dernier, pour répondre à des questions orales relevant des secteurs de l’intérieur, des finances, de la santé, des télécommunications, des ressources en eau, en sus d’une interpellation d’ordre général.

Les questions orales, auxquelles ont répondu des membres du gouvernement jeudi dernier, ont, sans aucun doute, dormi longtemps dans les tiroirs du bureau de l’APN avant d’être programmées en plénière. Elles étaient toutes dépassées par le temps, hors actualité. Le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, a quelque peu brisé la morosité de la séance en sortant du contexte de l’interpellation du député sur les contraintes posées dans l’importation des véhicules aménagés au profit des personnes à mobilité réduite. Il a affirmé qu’une réflexion sur un assouplissement des règles de contrôle des services des douanes sur ces opérations est engagée.
Des propositions de nouvelles dispositions seront introduites dans l’avant-projet de loi de finances pour 2016. Évoquant ledit avant-projet à sa sortie de l’hémicycle du palais Zighoud-Youcef, il a soutenu que toutes les probabilités sont examinées pour présenter une loi de finances qui prendra sérieusement en compte le paramètre de la baisse des ressources financières générées par les hydrocarbures. Le ministre des Finances a, par ailleurs, minimisé l’ampleur de la circulation de faux billets de banque. “Il s’agit, pour nous, de combattre le phénomène dans ses fondements et non pas ses conséquences”, a-t-il souligné, puis d’informer que le gouvernement mettra en place des mécanismes pour protéger contre ce trafic, dont la dotation des organismes financiers d’appareils sophistiqués qui détectent les faux billets.
Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Nourredine Bedoui, a été interpellé sur le problème des naissances, des mariages et autres actes relevant de l’état civil non enregistrés dans les wilayas du Grand-Sud, particulièrement les localités enclavées de Tamanrasset et d’Illizi. Sans trop développer le sujet, le membre du gouvernement a répondu que le cadre juridique afférent existe. Il a indiqué qu’en sus de la législation en vigueur, une instruction interministérielle mettra en application des mesures d’urgence pour tous les cas non déclarés dans les deux wilayas susmentionnées. Reprenant la parole, la députée a cité l’exemple d’une commune d’Illizi, distante de 240 km de piste de l’APC la plus proche. Elle a parlé de procédures administratives très compliquées, dont la condition de parcourir la distance jusqu’au siège de l’APC accompagné de huit témoins attestant de la véracité de la déclaration à l’état civil. Le ministre, toujours aussi vague, a affirmé que l’Exécutif mettra en place de nouveaux mécanismes en vue de prendre en charge le dossier.
Sans tourner autour du pot, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, a admis des dysfonctionnements structurels dans les hôpitaux, particulièrement la gestion des urgences médicales. “Les problèmes sont solutionnés sur le papier. Il reste à les appliquer sur le terrain”, a-t-il suggéré.
À l’occasion, il s’est insurgé contre la propension des citoyens à se rendre aux CHU pour des affections mineures. “80% de l’affluence vers les pavillons des urgences des hôpitaux ne sont pas de vraies urgences.” Selon lui, il est temps de hiérarchiser la chaîne des prestations de santé pour réduire la pression sur les hôpitaux. Les CHU ne doivent recevoir, dans la vision du ministre, que les cas graves ou nécessitant des interventions pluridisciplinaires. Les cas courants seront pris en charge dans les structures de proximité, en nombre suffisant. Il a affirmé que rien qu’à Alger, 84 polycliniques sont ouvertes jusqu'en début de soirée et 34 fonctionnent 24h/24h.
Répondant à la place du Premier ministre, le ministre chargé des Relations avec le Parlement a assuré que le projet du Carrefour du Millénaire, initié à l’entame des années 2000 par Cherif Rahmani, alors ministre gouverneur du Grand-Alger, a été relancé dans le cadre du projet de réaménagement de la façade maritime de la capitale.
Il a révélé que les causes ayant conduit à l’arrêt de ce projet ont été identifiées. Bien entendu, le ministre n’a pas dit quelles étaient ces “causes”, alors qu’il est avéré que le projet du Carrefour du Millénaire a été enterré au moment de l’éviction, par le président Bouteflika, de son promoteur d’une fonction qui lui donnait de l’envergure médiatique. Il a, néanmoins, spécifié que de nombreux espaces, dont des restaurants, sont déjà en exploitation. Le député revient à la charge en disant que “les espaces dont parle le ministre ne représentent que 3 à 4% de la surface globale dédiée au projet, étendue sur plus de 300 hectares”.  

S. H.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hammadi Souhila

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