Actualité, Le technique et le politique

Liberte; le Mercredi 17 Janvier 2007
3

L’Algérie, qui est aujourd’hui considérée par nombreux de ses partenaires stratégiques comme un canal sérieux de médiations, agit dans un souci de rester conforme à la légalité internationale. Dans les usages diplomatiques, ce qui s’est passé hier n’a rien d’anodin. Lorsqu’un État annonce en toute souveraineté la venue d’un haut responsable étranger, c’est que les accords nécessaires à ce genre de visite officielle ou d’État ou d’escale technique ont été réglés. Si le gouvernement algérien n’a pas jugé utile de rendre publique une clarification à ce sujet, il n’en reste pas moins que l’annulation de l’escale technique prévue hier à Alger du président Ahmadinejad, même si officiellement la décision émane du côté iranien, cacherait mal le malaise qui prévaut dans les relations bilatérales. Après la décision, irréfléchie mais, souveraine, prise par Téhéran de défier le Conseil de sécurité de l’ONU, en procédant à l’enrichissement de l’uranium à des fins militaires, l’Algérie ne pouvait assumer la conduite d’une médiation dans un dossier aussi sensible que celui du nucléaire. Le président Bouteflika l’a d’ailleurs fait savoir en organisant, sous l’égide de l’AIEA, à Alger, une conférence régionale sur l’usage du nucléaire civil à des fins de développement en appelant à la ratification rapide et urgente du traité de non-prolifération nucléaire. L’Algérie, qui est aujourd’hui considérée par nombreux de ses partenaires stratégiques comme un canal sérieux de médiations, agit dans un souci de rester conforme à la légalité internationale. Les Iraniens, qui tentent semble-t-il de diversifier les canaux de discussions afin d’éviter le pire, auraient multiplié ces derniers temps des contacts avec d’autres capitales, notamment européennes pour intervenir dans la crise qui l’oppose à Washington en proposant une sorte de deal pétrolier. La manœuvre a-t-elle pour autant abouti ? Rien n’est moins sûr surtout lorsqu’on sait que cette opération, critiquée en Iran même, n’a pas pu servir à dégeler les relations tumultueuses entre Téhéran et l’Occident. Quant aux Saoudiens, ils viennent de signifier une fin de non-recevoir à la requête de médiation émise par les Iraniens. Ce qui de fait aggrave l’isolement de l’Iran sur la scène internationale.S. T.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..