Actualité, Multilatéralisme

Liberte; le Jeudi 18 Janvier 2007
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Ces faits, mis bout à bout, montrent à tout le moins, une volonté des Américains de marquer une pause, de prendre un recul, le temps d’avoir sans doute une plus grande visibilité du marché pétrolier algérien à la lumière des nouvelles données induites par les amendements subis par la loi Khelil.Les amendements substantiels apportés à la loi sur les hydrocarbures, qui permettent à la Sonatrach d’être l’actionnaire majoritaire, s’ils sont bien perçus par l’opinion algérienne, ne sont pas, en revanche, du goût de notre principal partenaire, à savoir les compagnies américaines engagées en Algérie pour qui ce changement de cap a l’effet d’une douche écossaise. “C’est une décision souveraine, mais il faut en assumer les conséquences”, commentait, il y a quelques semaines, un responsable de l’ambassade américaine à Alger. Ces conséquences, on croit en voir déjà les premiers indices. D’abord, la dissolution de la société algéro-américaine BRC, même si sa liquidation est en bonne partie liée aux dysfonctionnements constatés dans sa gestion. Aussi on dit ici et là que le groupe Conocol/Philips serait en passe de vendre ses actions. Et last but not least il y a la menace d’Anadarko de mettre la clé sous le paillasson. Ces faits, mis bout à bout, montrent à tout le moins, une volonté des Américains de marquer une pause, de prendre un recul, le temps d’avoir sans doute une plus grande visibilité du marché pétrolier algérien à la lumière des nouvelles données induites par les amendements subis par la loi Khelil.Ce wait and see des Américains, les Russes veulent le mettre à profit pour pousser leurs pions dans notre pays. La visite du ministre russe de l’Énergie à Alger demain, qui intervient après le protocole d’accord signé le mois d’août dernier par notre ministre de l’Énergie à Moscou, témoigne de cette volonté commune de renforcer la coopération énergétique.Une façon de donner une profondeur aux relations bilatérales, fondées sur une vieille amitié, confortée par la signature du contrat d’armement portant sur la livraison du matériel militaire à notre armée. Si les Russes se montrent aujourd’hui plus entreprenants, les Chinois et les Français sont également en embuscade pour être partie prenante dans le partenariat énergétique avec notre Algérie. Ce qui correspond parfaitement à la démarche politique algérienne qui consiste à avoir des rapports avec plusieurs partenaires, dans le cadre d’une logique “win, win”. En d’autres termes, le multilatéralisme.N. S.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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