Actualité, Quel partenariat ?

Liberte; le Lundi 15 Janvier 2007
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L’Algérie, de par sa position géostratégique déjà, et le fait d’avoir recouvré sa stabilité politique et de jouir d’une aisance financière,  se pose aujourd’hui en acteur majeur dans la région, qui a la latitude de choisir ses partenaires. La proximité géographique entre l’Algérie et la France, un passé commun de 130 ans avec ses passions et ses ressentiments, et une communauté importante, émigrée sur plusieurs générations, font qu’une élection présidentielle française est toujours suivie avec intérêt d’Alger.Encore plus pour celle qui aura lieu dans moins de trois mois. Et pour cause, celui des deux candidats, Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy, qui succédera à Jacques Chirac, héritera de chantiers laissés en rade, qu’il va falloir achever. Si bien sûr la volonté politique sera au rendez-vous. C’est que l’actuel locataire de l’Élysée arrive au terme de sa “mandature”, sans avoir pu donner du contenu et de la forme à la “refondation” des relations qu’il entendait pourtant placer sur le registre du “partenariat privilégié”. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais les nostalgiques de la “colonisation civilisatrice” ont torpillé l’ambition de la refondation, en dressant sur son chemin abrupt la scélérate loi du 23 février, qui n’est ni plus ni moins qu’un déni de mémoire pour ceux qui ont combattu pour le recouvrement de l’indépendance de notre pays. L’Algérie, de par sa position géostratégique déjà, et le fait d’avoir recouvré sa stabilité politique et de jouir d’une aisance financière, se pose aujourd’hui en acteur majeur dans la région, qui a la latitude de choisir ses partenaires. Autrement dit, la balle est d’ores et déjà dans le camp du futur président français à qui il appartiendra d’annoncer la couleur en lançant des signaux sur sa manière de concevoir les futurs rapports entre Alger et Paris. À l’occasion de son passage à Alger, au mois de novembre dernier, “venu en ami de l’Algérie”, Nicolas Sarkozy, investi hier par l’UMP et adepte du pragmatisme à l’américaine, avait prôné une démarche résolument portée sur le futur, tout en laissant le passé aux historiens. Pourquoi pas ? Sauf qu’hier, dans son discours, il a revisité l’histoire en disant que les colons n’avaient pas à rougir de leur “œuvre” dans notre pays. De quoi susciter pour le moins des interrogations, au moment où sa rivale, Ségolène Royal, continue de cultiver le mutisme par rapport au type de relations qu’elle compte mettre en place avec le Maghreb et la place de l’Algérie dans son équation.N. S.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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