Actualité, Révélations…

Liberte; le Dimanche 14 Janvier 2007
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Ces révélations ne sauraient remplacer les informations que seul Moumen Khalifa peut donner, ses fidèles collaborateurs ne pouvant accéder, chacun à son niveau, qu’à une partie des données sur le fonctionnement du groupe et de ses filiales.Les cinq premiers jours du procès Khalifa ont été riches en révélations. Les témoignages des accusés, qui se sont succédé à la barre, ont permis de mettre au jour les conditions de création du groupe, en violation de la loi sur la monnaie et le crédit, et par la falsification de documents, sur les privilèges accordés aux personnalités, sur les soirées, le sponsoring, les recrutements et comment Moumen Khalifa retirait des sommes faramineuses de sa banque sans laisser de traces administratives. La tenue de ce procès en soi, la citation à comparaître comme témoins de trois ministres en fonction dont Abou Djerra Soltani et trois autres ayant quitté leur poste peuvent être perçues comme un signe de bonne volonté de la part des pouvoir publics de faire toute la lumière sur ce scandale qui a entamé la crédibilité de l’État de par son silence pendant des années vis-à-vis des activités du groupe. Toutefois, ces révélations ne sauraient remplacer les informations que seul Moumen Khalifa peut donner, ses fidèles collaborateurs ne pouvant accéder, chacun à son niveau, qu’à une partie des données sur le fonctionnement du groupe et de ses filiales. C’est sans doute en réponse à cette demande pressante de la défense que le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, a déclaré, hier, qu’il n’existe pas de blocage dans l’extradition demandée par l’Algérie de l’ancien P-DG de Khalifa et qu’il faudrait attendre la décision de la justice britannique. Il ira jusqu'à promettre de convoquer, s’il s’avère nécessaire, d’autres ministres et de les condamner si leur implication est dûment prouvée par la justice. Avant même le commencement des plaidoiries, la stratégie des robes noires apparaît en filigrane à travers leur revendication de faire venir en tant qu’ancien chef de l’Exécutif, Ahmed Ouyahia, et en incitant les témoins à citer davantage de noms de personnalités qui défilaient dans le bureau de Moumen Khalifa en quête de privilèges. L’opinion publique, qui a pris acte de la volonté de la chancellerie de faire toute la lumière sur ce scandale, est en attente d’autres gestes qui viendront démentir la thèse de l’acte isolé et cette impression entretenue par certaines parties que tout a été ficelé et bouclé au niveau de l’instruction. “Je défie quiconque de trouver mon nom dans le dossier d'instruction”, s’est offusqué le ministre de la Solidarité en réponse à l’aveu de la secrétaire personnelle de Rafik Khalifa qui a certifié lui avoir remis une carte de gratuité de voyage. Le pays gagnerait à ce que la justice aille jusqu’au fond des choses, comme l’ont promis les responsables de l’État. Il y va de sa crédibilité.N. H.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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