Actualité, Schengen à la libyenne !

Liberte; le Jeudi 1 Fevrier 2007
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Al-Kadhafi craint-il la propagation de la menace salafiste ou s’agit-il d’une nouvelle stratégie adoptée par Tripoli, à travers laquelle les Libyens voudraient signifier leur retrait d’un certain nombre d’engagements régionaux déjà pris avec leurs partenaires du Maghreb et du Moyen-Orient ?Si l’instauration du visa relève d’une décision souveraine de la Libye, en ce sens qu’elle n’est pas tenue d’expliquer dans le détail les raisons qui en sont à l’origine, il n’en reste pas moins que l’argument avancé pour justifier cette mesure extrême ne tient pas la route. Si tout le monde s’accorde à dire que la lutte contre l’immigration clandestine est devenue aujourd’hui une priorité des pays maghrébins, la preuve étant que d’importantes recommandations ont été rendues publiques à l’issue de la conférence UE-Afrique qui a eu lieu en fin 2006 à Tripoli même, l’instauration par la Libye du visa pour tous les étrangers, y compris ses voisins du Maghreb, ne réglera pas le problème, dès lors que la quasi-majorité des immigrés, qui vivent en Libye, sont originaires d’Afrique subsaharienne. Ce qui suppose que le phénomène des migrations vers ce pays ne concerne pas l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie et l’Égypte. Et dans ce cas précis, pourquoi alors imposer à leurs ressortissants le visa ?On voit mal comment on peut lutter contre l’immigration clandestine en imposant cette procédure, dès lors que l’immigrant ne tient compte ni des frontières, ni des documents administratifs pour atteindre son objectif. Sauf si Al-Kadhafi considère que son pays a atteint un niveau de développement et de prospérité qui suscite un flux migratoire considérable à l’image de l’Europe. Ce qui est, pour l’heure, loin d’être le cas. Reste à savoir maintenant quelles sont les réelles motivations d’une telle décision. Al-Kadhafi craint-il la propagation de la menace salafiste ou s’agit-il d’une nouvelle stratégie adoptée par Tripoli, à travers laquelle les Libyens voudraient signifier leur retrait d’un certain nombre d’engagements régionaux déjà pris avec leurs partenaires du Maghreb et du Moyen-Orient ?En attendant une confirmation officielle de la décision — aucune date n’a été fixée pour sa mise en application —, il est tout à fait clair que l’Algérie réagira en appliquant le principe de réciprocité comme cela a été fait avec la France et le Maroc dans les années 1980 et 1990.S. T.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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