Actualité, Variantes

Liberte; le Jeudi 15 Fevrier 2007
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Il devient nécessaire d’intégrer, désormais, dans la lutte contre les groupes armés, la donne du salafisme et de l’intégrisme religieux qui est aujourd’hui, et comme elle l’a d’ailleurs toujours été, la force motrice du terrorisme. De nouvelles mesures de sécurité ont été prises. Les attentats à la voiture piégée, qui ont été perpétrés mardi à l’aube contre plusieurs structures de la police et de la gendarmerie dans la wilaya de Boumerdès et de Tizi Ouzou, ont permis, au-delà du renforcement du maillage sécuritaire, de définir les failles qui sont à l’origine du drame. Si le risque zéro n’existe pas, et on l’a même vu dans les pays les plus développés où en termes de logistiques, les services de sécurité sont bien lotis, il ne faudrait pas perdre de vue un aspect important de la question. Les attentats ont eu lieu dans deux régions du pays où d’abord le gspc est bien implanté en raison du relief boisé et accidenté et, ensuite, où les services de sécurité arrivent difficilement à récolter les renseignements, et ce, depuis le départ de certaines brigades de la gendarmerie, notamment en Kabylie. À partir de ces deux aspects, on peut aisément comprendre que les groupes armés terroristes activent désormais sur leur propre terrain. Malgré le dispositif sécuritaire impressionnant déployé à Boumerdès et à Tizi Ouzou depuis septembre dernier, les terroristes, qui ont été sérieusement ébranlés et poussés jusqu’au dernier retranchement, tentent de desserrer l’étau. En recourant au procédé de l’explosif, ils viennent de démontrer qu’ils n’ont plus assez de troupes à même d’affronter les forces de sécurité. Ceci d’une part, d’autre part, ils savent qu’ils ont encore un peu de temps avant que les services de sécurité parviennent à démanteler le ou les laboratoires de fabrication des bombes. En attendant, les terroristes déploieront le maximum de moyens dont ils disposent pour perpétrer le plus d’attentats possible afin de prouver à leur nouveau allié, Al-Qaïda, leur capacité de nuisance.Devant cette situation, une stratégie de lutte à différentes variantes se pose aujourd’hui avec insistance. Si les terroristes arrivent toujours à recruter au sein des réseaux de soutien en raison de la manne financière dont ils disposent, c’est parce qu’ils savent que cette stratégie constitue leur seule force et bouclier. D’où la nécessité d’intégrer désormais dans la lutte contre les groupes armés la donne du salafisme et de l’intégrisme religieux qui est aujourd’hui, et comme elle l’a d’ailleurs toujours été, la force motrice du terrorisme. C’est ainsi que les déclarations du ministre d’État, ministre de l’Intérieur à Tunis sur le fait que “l’extirpation du fléau du terrorisme doit s’étendre à une lutte vigoureuse contre l’extrémisme et la justification de la violence, et contre les parties qui en font l’apologie” doit maintenant et plus que jamais trouver un début de concrétisation sur le terrain.Y. S.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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