Affaire des bébés déterrés à Bordj Bou-ArrÉridj, La ville sous le choc

Liberte; le Dimanche 21 Janvier 2007
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Les habitants sont unanimes à relever la gravité des évènements et espèrent que la lumière sera faite dans les plus brefs délais et que les auteurs du massacre seront punis par les lois de la République.Pour la troisième journée consécutive, les gendarmes continuent à mener leur enquête sur cette affaire qui a pris d’importantes proportions au sein de l’opinion publique à Bordj Bou-Arréridj. Les éléments de la Gendarmerie nationale ont auditionné le directeur de la clinique après avoir entendu les médecins et les infirmières des services gynéco et orthopédie.Cependant, rien n’a filtré sur l’issue des investigations étant donné que l’affaire est toujours en instruction. Dans la petite ville d’El-Achir et à travers toute la wilaya, les langues se délient. Que s’est-il réellement passé ? Comment des fœtus ou des bébés ont été enterrés de cette façon ? Pourquoi n’a-t-on pas respecté la loi ou s’agit-il de cas de négligence ? Si tel est le cas, c’est encore une partie de la confiance des patients en leurs médecins qui se trouve compromise. En tout cas, plus de quatre jours après les révélations sur l’affaire des bébés déterrés, la région est encore sous le choc. Si jusqu’à présent la ville d’El-Achir est connue pour être une région où il fait bon vivre et où les voyageurs en partance vers l’est du pays ou la Tunisie font escale le temps de goûter aux brochettes, l’affaire des bébés a considérablement terni cette image. Les gens en parlent en donnant libre cours à leur imagination. Ils interprètent l’événement à leur façon. Les discussions vont bon train. Si la saisie de drogue en début de cette année n’a pas été commentée dans la rue dès lors que le phénomène a pris d’importantes proportions au niveau national, il n’en reste pas moins que l’information relative aux bébés a donné lieu à des interrogations bien entendu légitimes sur la responsabilité de la clinique dans la sauvegarde de la santé des citoyens. Les personnes que nous avons sollicitées pour un commentaire n’ont pas hésité à condamner la démarche. “Celui qui a fait ça doit être fou ! Comment une personne peut faire ce genre de choses à une autre personne ?” a lancé une dame avant d’exprimer son indignation : “Je suis indignée ! J’ai lu tout ce que les journaux ont écrit et il y avait même une photo.”Un jeune médecin dira de son côté : “Nos cliniques rendent beaucoup de services aux malades, mais elles ne devraient pas seulement penser à l’argent. Nos responsables ne peuvent pas les ignorer. Il faut des contrôles rigoureux.”De nombreuses personnes ont trouvé la manière d’enterrer totalement inhumaine, “la famille s’est sacrée, il faut qu’elle sache”. Beaucoup avaient le cœur gros en parlant de ce sujet et espèrent que l’État sera à l’avenir plus vigilant, surtout dans le domaine de la santé et de la dignité du citoyen. “Pourquoi notre wilaya manque-t-elle de médecins gynécologues dans le public ?” se demande Imane, une jeune femme qui va se marier bientôt et qui pense déjà à la maternité.À noter que la wilaya de Bordj Bou-Arréridj n’a aucun médecin gynécologue dans le secteur public et qu’une moyenne de 34 naissances par jour est enregistrée à travers la région. “Nous n’avons pas le choix. Nous sommes orientées obligatoirement vers ces cliniques, d’ailleurs c’est mieux que de risquer sa vie sur la route de M’sila ou de Sétif”, réplique une autre femme.Chabane BOUARISSA

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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