Affaire du bateau bloqué à Marseille, Les explications de l’ENTMV

Liberte; le Dimanche 28 Juin 2015
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Retenu par les autorités portuaires de Marseille, le car-ferry grec affrété par Algérie Ferries avait toutes les autorisations pour naviguer. Ahcène Grairia, P-DG de l’Entreprise nationale du transport maritime des voyageurs (ENTMV), a expliqué à Liberté que le navire grec affrété n’avait aucun problème technique qui l’empêcherait d’assurer la rotation Algérie-Europe. “Le navire affrété est arrivé le 21 juin à Oran. Une expertise technique a été effectuée auparavant en Grèce par un bureau d’études techniques spécialisé européen. Une autre expertise a été assurée par des spécialistes et des ingénieurs de l’ENTMV. Une troisième a été réalisée par la Marine nationale par le biais des gardes-côtes. Toutes ces inspections n’ont détecté aucune anomalie”, a expliqué M. Grairia, ajoutant que le 23 juin, le navire est reparti sur Marseille avec des passagers et des véhicules à son bord.
Le P-DG de l’ENTMV a précisé qu’une fois le débarquement fait à Marseille, un huissier de justice s’est présenté au commandant pour lui “remettre un procès-verbal de saisie conservatoire du navire”. Il a indiqué que le motif de cette décision “est le fait que l’armateur était en litige en 2011 avec une société grecque qui réclamait une créance de 319 000 euros”.
Cela dit, l’entreprise nationale est étrangère au litige, mais, “le même jour, enchaîne M. Grairia, des experts du Port State Control (PSC) ont effectué un contrôle documentaire sur le navire où ils ont trouvé des certificats permettant la navigation dans seulement des houles atteignant les 2,5 mètres de hauteur”. Le PSC a exigé, en effet, un certificat pour 2,9 mètres. “Nous avions saisi l’armateur le 26 du mois et il nous a envoyé un certificat de navigation pour des houles atteignant les 3 mètres”, a informé encore M. Grairia, regrettant que les responsables qui ont exigé ce certificat “ne répondaient pas aux appels, ni aux multiples e-mails”, sauf que, tenait-il à préciser, “le PSC a envoyé à l’armateur une note exigeant un certificat de 3,5 mètres”. Mais comme il a été notifié un vendredi soir, à la veille du week-end en France, il faut attendre demain pour réceptionner le certificat et permettre au navire de quitter le port de Marseille. Interrogé sur le sort des passagers algériens bloqués, M. Grairia a souligné qu’ils ont embarqué à bord du car-ferry “Tariq Ibn Ziyad” au nombre de 540. “Nous avions indemnisé 95% des passagers et le ‘Tarik’ allait faire les ports d’Alger et d’Oran”, a-t-il poursuivi, soutenant que probablement, “une vingtaine de véhicules ne pourront pas prendre place dans le navire et leurs propriétaires seront, soit indemnisés, soit pris en charge, sinon ils auront le choix de faire le voyage à Alicante pour embarquer lundi (demain, ndlr) ou mardi”.
À la question de savoir si ce problème est lié à l’opération d’affrètement, il a indiqué que cette opération est soumise à une expertise et à un contrôle strict de commissions spécialisées et que l’entreprise qu’il gère “connaît cette procédure depuis plus de 40 ans”.

M. M.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Mohamed Mouloudj

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