Après son annonce d’instaurer le visa pour les maghrébins, La polémique enfle entre Alger et Tripoli

Liberte; le Jeudi 8 Fevrier 2007
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Face au tollé suscité par son annonce d’instaurer un visa pour les ressortissants maghrébins, Tripoli ne s'est élevé que contre l’Algérie, qui a eu le mérite de réagir fermement et publiquement.L’Algérie est le seul pays dans la région à avoir répondu immédiatement à l’annonce des Libyens. Le ministre de l’Intérieur, devait, dans un langage serein et diplomatique, avertir Tripoli contre l’instauration d’un visa d’entrée pour les Maghrébins, soulignant, à juste titre, que la mesure est un coup de poignard dans le dos des populations de la région et, en particulier, de l’UMA, toujours en attente de redynamisation et dont la Libye n’a pas cessé de se réclamer. Noureddine Yazid Zerhouni, ministre d’État, ministre de l’Intérieur qui n’a pas commenté la décision libyenne, s’est contenté d’attirer l’attention sur ses “conséquences néfastes”. Apparemment, il n’en fallait pas plus à Tripoli pour verser son fiel contre l’Algérie. “L'Algérie, qui met en garde contre l’instauration par la Libye du visa d'entrée, n'a qu'à ouvrir ses frontières fermées avec le Maroc (!)”, a vociféré le responsable libyen des AE, dans une déclaration à Al-Jazeera. Le ministre libyen ne sait-il pas que le Maroc avait fini par se rendre à l’évidence et supprimer une décision dont il a reconnu avoir lourdement pâti ? L’avertissement de l’Algérie a, par ailleurs, conduit les Libyens à s’enfoncer davantage dans des explications qui ne tiennent pas la route. Le responsable libyen a tenté d’expliquer que son pays ne compte pas fermer ses portes devant les citoyens maghrébins et que le visa vise à réguler la circulation intermaghrébine, “dans le respect de la dignité du citoyen maghrébin”. Sur ces questions, les archives de la presse maghrébine fourmillent de déconvenues et aventures vécues par des ressortissants maghrébins en Libye. Le chef de la diplomatie libyenne s’est également égosillé pour affirmer que son pays compte parmi les fervents défenseurs de l'UMA. Pour rafraîchir les mémoires, le Guide de la révolution libyenne avait refusé de prendre son tour à la tête de la présidence tournante de l’UMA. N’eut été la position constructive et ouverte sur l’avenir de l’Algérie, l’organisation aurait certainement signé à ce moment-là son arrêt de mort.  Il reste que Tripoli a d’ores et déjà pris la mesure “des conséquences néfastes” de sa mesure. Sinon, pourquoi est-il déclaré  aujourd’hui par les Libyens que la Tunisie ne sera pas concernée par la question des visas ? Plus de 30 000 Libyens traversent quotidiennement la frontière. C’est une vraie soupape de sécurité pour le régime libyen. Quant aux Algériens, voilà longtemps que la Libye n’est plus leur destination. Ces derniers ne sont plus demandeurs d’emploi, du moins dans le voisinage, et les jeunes en sont revenus de la fraternité dans la Jamahiriya. À dire vrai, la fermeture de la frontière libyenne n’a pas d’autre explication que de répondre à des sollicitations occidentales.Contrairement à l’Algérie et à d’autres pays de la région, la Libye a accepté de transformer son territoire en sas pour stopper l’afflux des émigrés vers l’Europe. Des camps de rétention y sont financés par l’UE, et les étrangers décrétés irréguliers sont désormais reconduits par charter dans leur pays d’origine.  Le pays du Livre vert s’était, pourtant, enorgueilli, jusqu’à il y a peu, d’être une seconde patrie à tous les Arabo-Africains.D. Bouatta

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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