Assemblée générale de l’Association nationale des écoles privées, “Nous ne formons pas des élèves à part !”

Liberte; le Dimanche 4 Mars 2012
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Pour les responsables de l’association, enseigner le programme français a pour objectif de préparer les élèves  aux études universitaires qui se font dans cette langue et non pour leur faciliter l’exil. Après s’être battues des années durant pour arracher leur agrément, les écoles privées se lancent désormais dans un autre combat et pas des moindres ! Celui d’être une force de propositions avec laquelle il faudrait compter. C’est l’un des thèmes évoqués hier, lors de l’assemblée générale de l’Anepa qui s’est tenue à l’école privée Kateb-Yacine, à Garidi (Alger). L’Association nationale des écoles privées d’Alger (Anepa) a été créée justement pour aider et protéger les écoles qui sont en charge de cette lourde mission. Lourde, lente probablement, mais pas du tout impossible. La raison ? L’association arrive en position de force et compte plus d’un argument. Le principal est la qualité de l’enseignement prodigué aux élèves, en témoignent les résultats scolaires du cycle primaire. Il y a aussi ce permanent souci de se perfectionner via la formation du personnel enseignant et des responsables. Ces derniers vont jusqu’à financer avec leur propre argent des formations à l’étranger pour en faire bénéficier d’autres collègues. “Nous l’avons fait lors d’une formation au Liban, et cela a été très enrichissant pour nous”, témoigne Mme Belaïd, directrice de l’école Kateb-Yacine et chargée de l’information de l’association. “Les écoles privées font du 100% de réussite à l’examen de l’ex-6e. Du chemin reste à faire pour le collège et le lycée”, note Mme Benmoussa. Et d’ajouter : “L’expérience des écoles privées dont le nombre d’élèves est de plus en plus croissant fait de nous une force de propositions. L’Anepa constitue le pont avec la tutelle pour laquelle nous pouvons proposer des choses.” Les fondateurs de l’association ont eu du mal à arracher l’agrément, mais grâce “à l’aide du ministère de tutelle, l’association a été agréée en 2009. Il aura fallu une année pour finir l’organisation et ouvrir des antennes régionales”, révèle le président de l’Anepa. Le directeur de l’école, Salim, estime, lui aussi, que l’association “représente une force de propositions, notamment avec l’adhésion de toutes les écoles privées”. Vu les nombreuses contraintes et autres pressions auxquelles font face ces établissements, le parrainage ou la couverture d’un organisme légal et reconnu tel que l’Anepa est nécessaire et bénéfique. D’autant que l’association compte prendre à bras le corps toutes les préoccupations de la corporation et s’imposer en tant que partenaire social officiel. Chose qui lui est déjà reconnue par la tutelle qui a établi avec ses responsables un dialogue et d’autres organismes qui la comptent parmi ses invités à diverses manifestations. Les nombreuses contraintes soulevées par les différents intervenants montrent que l’association a du pain sur la planche. Le principal problème qui revenait tel un leitmotiv a trait à la difficulté, voire l’impossibilité parfois de convaincre les services du CTC à délivrer le certificat de conformité exigé. Les nouvelles locations et les extensions restent tributaires de ce fameux document que les directeurs ont du mal à décrocher. “La tutelle insiste sur la conformité pour garantir la sécurité des élèves. Nous voulons certes faire ces études mais les bureaux refusent de nous prendre en charge. Nous avons proposé à la tutelle de nous indiquer un bureau CTC pour y faire les démarches nécessaires”, fait savoir Mme Belaïd. Par ailleurs, l’AG a été l’occasion pour l’association de défendre les objectifs de l’enseignement privé. “Nous refusons la stigmatisation école privée-école française. Nous faisons du bilinguisme avec une langue que nous avons apprise dans nos écoles. Nous le faisons pour préparer nos enfants aux études supérieures qui se font en français et non pas pour l’exil”, lance Mme Benmoussa. Abondant dans le même sens, Mme Benmansour dira qu’“on nous taxe de former des Algériens à part, des candidats à l’exil. Non formons des étudiants pour nos universités qui enseignent en français. Nous apportons un plus au système éducatif. Nous voulons être différents de l’enseignement public. Où serait l’intérêt de notre existence si nous devions ressembler à l’école publique ?”
M B

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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