Candidatures à la députation, Les Algériens de Grande-Bretagne crient à la marginalisation

Liberte; le Dimanche 11 Mars 2012
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Ils dénoncent la figuration de leur pays d’accueil dans une large circonscription électorale, qui englobe une grande partie de l’Europe et s’étend à l’Amérique.Qu’y a-t-il de commun entre un émigré algérien de Montréal et un autre de Londres ? Ils sont de même nationalité, évidemment, vivent hors de leur pays, à des milliers de kilomètres l’un de l’autre et figurent dans une seule circonscription électorale. Selon le décret exécutif du 26 février dernier, en prévision du scrutin législatif de mai prochain, un nouveau découpage des circonscriptions électorales à l’étranger regroupe dans une zone unique l’Europe (sans la France qui est découpée en deux circonscriptions) et les deux Amériques.La quatrième zone englobe le Maghreb, tous les pays d’Asie, d’Afrique et d’Océanie. “Je ne vois pas comment un ou deux députés peuvent représenter des compatriotes qui vivent dans des pays et des continents différents”, déplore Slimane Mohammadi. Cet homme d’affaires algérien résidant à Londres souhaite se porter candidat à la députation à titre indépendant, mais il craint que son nom soit noyé dans une longue liste de postulants dont les clivages sont à la fois politiques et géographiques. évoquant une certaine discrimination, il ne comprend pas pourquoi les Algériens de l’étranger méritent moins de représentants parlementaires que leurs compatriotes au pays. “La loi dit, je crois, qu’une circonscription doit compter au minimum 7 000 habitants. Or, il y a entre 35 000 et 40 000 compatriotes immatriculés au niveau de nos services consulaires à Londres”, remarque le prétendant à la députation. à ce titre, il estime que la communauté algérienne de Grande-Bretagne a le droit d’avoir plus d’un représentant au Parlement afin de faire entendre sa voix. Selon lui, les tracas des émigrés algériens diffèrent d’un pays à l’autre. “Au Royaume-Uni, nous avons nos propres besoins”, soutient notre interlocuteur. Il évoque les appels récurrents de membres de la communauté à l’ouverture d’une école et d’un centre culturel algériens. Plus globalement, il pense que de plus grands efforts doivent être fournis pour la prise en charge de certaines catégories de compatriotes comme les détenus et les sans-papiers. Ce genre de préoccupations sont inscrites dans le programme d’action que le businessman compte défendre s’il est élu. Ses chances d’obtenir un siège à l’APN semblent néanmoins maigres. Non seulement il va affronter une pléthore de postulants d’Europe et d’Amérique, mais il doit au préalable, et en sa qualité d’indépendant, réunir 400 paraphes favorables à sa candidature. “Le problème ne réside pas tant dans le nombre des signatures. Il concerne surtout l’obligation pour les candidats de demander à leurs partisans de se déplacer impérativement au consulat pour remplir les formulaires de soutien. Je ne peux pas demander aux gens qui résident dans d’autres villes de faire le voyage jusqu'à Londres pour une signature”, proteste M. Mohammadi. D’après lui, ni le code électoral ni les autres mesures concernant l’organisation du scrutin à l’étranger ne comportent cette obligation.Il évoque une initiative propre aux services consulaires qui, conformément au décret du 26 février, doivent uniquement réceptionner les dossiers de candidature et les transmettre à des QG électoraux. Dans la zone 4 où se trouve le Royaume-Uni, le consulat de Washington a été désigné pour centraliser l’opération électorale. Auparavant, les candidats devaient se rendre personnellement dans la capitale américaine pour porter leur nom sur la liste électorale.
S. L.-K.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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