Coopération sécuritaire entre les pays du Maghreb, Quand les Marocains se mettent à l’heure du pragmatisme

Liberte; le Mardi 30 Janvier 2007
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Confronté au danger terroriste, le Maroc met en veilleuse ce qu’il considère être un différend avec l’Algérie, à savoir le Sahara occidental, pour se consacrer à la lutte contre la violence islamiste, indique un haut responsable marocain, cité par l’hebdomadaire Maroc Hebdo. Dans des déclarations à l’hebdomadaire marocain Maroc Hebdo, un haut responsable du Makhzen affirme que bien que “la concurrence et la rivalité soient la règle dans le monde des appareils de sécurité, avec l'Algérie, les circonstances actuelles et les contraintes communes nous poussent tous deux à composer, à coopérer”. Cela entre, selon lui, dans le cadre d’une coopération globale entre le Maroc, la Tunisie et l’Algérie. Les pays du Maghreb sont arrivés depuis des années à cette conclusion : c'est bien en amont, sur le front de l'anticipation, que la coopération antiterroriste doit le plus intervenir. À partir de là, ils ont décidé d’asseoir et de renforcer une étroite coopération, parce que les intérêts sont convergents. Il fallait mettre les trois pays et la région à l'abri des violences du terrorisme islamiste. La même source ajoute que depuis une année, Alger a décidé de sécuriser ses frontières nord avec le Maroc. Dans cette optique, les autorités algériennes auraient sollicité Rabat, à travers une note relative à sa nouvelle stratégie sur la surveillance de la frontière commune. Accueillant cette initiative dans un premier temps avec méfiance et suspicion, en raison des divergences autour de la gestion du dossier du Sahara occidental, dans lequel Rabat veut défier la communauté internationale en refusant l’organisation d’un référendum d’autodétermination, les responsables marocains ont attendu la réaction propice des services de sécurité algériens dans l’affaire des immigrés clandestins pour s’engager pleinement dans la coopération.  L’expérience de l’Algérie en matière de lutte antiterroriste, après la décennie noire qu’elle a vécue, a contribué à convaincre les autorités marocaines qui voulaient profiter de cette expertise et aussi du précieux fichier d'activistes qu’elle a constitué. Une telle aubaine ne pouvait être ignorée par les Marocains, lesquels, malgré les nombreux démantèlements de réseaux islamistes qu’ils ont opérés, demeuraient sous la menace terroriste. Celle-ci s’est accrue après les informations faisant état d’une assistance du Groupe salafiste pour la prédiction et le combat à son homologue marocain, le Groupe islamique combattant marocain (GICM). De toute manière, Alger et Rabat n’en sont pas à leur première collaboration sur le plan sécuritaire, comme l’indique l'épisode de l'ancien chef du GIA algérien, Abdelhak Layada, arrêté au Maroc et extradé plus tard au prix de laborieux contacts. Cette coopération entre les trois pays ne pouvait mieux tomber, vu les liens existant entre les différents groupes terroristes y activant, comme l’a démontré la dernière action en Tunisie. La récente annonce par le GSPC de sa rebaptisation en “Al-Qaïda pour le Maghreb islamique” conforte davantage la nécessité d’une coordination de la lutte antiterroriste entre l’Algérie, la Tunisie et le Maroc. Celle-ci devrait également être étendue à la Libye et la Mauritanie, surtout que cette dernière a été le théâtre de nombreuses incursions d’éléments armés du GSPC, dont la plus spectaculaire aura été l’attaque, le 6 juin 2005, d’une base militaire de Lemgheity, située à 400 km de la ville minière de Zouérate. K. ABDELKAMEL 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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