De graves fissures sont apparues depuis les dernières intempéries, Azazga menacée par un glissement de terrain

Liberte; le Mardi 13 Mars 2012
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La population de la ville d’Azazga, située à 35 km à l’est du chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou, vit dans la psychose depuis vendredi soir : un important glissement de terrain menace la ville. Une panique sans précédent s’est emparée depuis quelques jours de la population locale, qui craint le pire face à un sol déjà instable. Des structures publiques telles que le nouveau centre culturel d’Azazga, récemment réceptionné, et le siège de la poste sont menacés de s’écrouler par ce grave affaissement. Il en est de même pour la cité AADL, alors que des habitations collectives et individuelles privées courent le même risque sur une grande proportion de la ville d’Azazga, pratiquement sur un rayon d’un kilomètre à la ronde. La RN71, reliant Azazga à Azeffoun, est fermée à la circulation depuis vendredi, au niveau du village Zène, suite à l’apparition d’une grosse fissure. Selon une source locale au fait de la chose, de nouveaux logements déjà habités et d’autres en construction risquent de s’effondrer. Pas moins de cinq villages sont touchés par cet éboulement, notamment Thala-Kouchah, Thadart, Rabta, Agouni-Guizen et Zène sur la RN71. Mais, la zone la plus touchée demeure Ighil-Bouzzal, à l’entrée ouest d’Azazga, et trois quartiers du centre-ville, soit les quartiers Oukaci, Baleh et Amrane. Des bâtiments en construction sur la RN12 et la RN71 ainsi qu’un pâté de villas situées sur la route menant au lycée de jeunes filles d’Azazga présentent aussi des fissures importantes. Les agents de Sonelgaz sont même intervenus pour réparer au plus vite une fuite de gaz localisée sur une conduite au village Thala-Gouchah. Les premières interventions des autorités locales se sont limitées dans un premier temps au nettoyage des réseaux d’assainissement afin de libérer les eaux stagnantes en attendant le rapport du CTC. D’autres sources évoquent le chiffre avancé par la commission d’enquête diligentée sur les lieux, qui fait état de 60% de la superficie totale de la ville d’Azazga qui sont menacés directement par cet affaissement d’une ampleur inégalée. Dans la commune voisine, à Yakourène, une région montagneuse culminant à plus de 850 mètres d’altitude, une zone caractérisée par des terrains abrupts et accidentés, c’est le village Taguemount qui est isolé du monde par un immense glissement de terrain qui progresse de jour en jour. Deux habitations ont été évacuées et plusieurs pylônes électriques ont été déracinés et charriés sur des dizaines de mètres. Le chemin intercommunal, reliant Azazga à Yakourène sur 12 km, a été coupé à la circulation. Les riverains commencent à craindre le pire en raison de cet éboulement qui avance progressivement vers leurs habitations, alors que cinq baraques de fortune appartenant à des vendeurs d’objets artisanaux ont été ensevelies. Et pour avertir du danger, des pneus peints en blanc sont suspendus à des arbres en guise de “panneaux de signalisation”. C’est le même constat au lieu-dit Thazagharth, situé à quelque 300 m de l’hôpital d’Azazga, où l’on a enregistré un autre glissement de terrain qui est à l’origine de l’arrêt des travaux du chantier de la déviation de la rocade d’Azazga.   Hier matin, le wali de Tizi Ouzou, accompagné du Duch, s’est rendu sur place.Par ailleurs, à Aïn Zaouïa, les dernières intempéries ont causé d'importants dégâts. De nombreux éboulements ont été signalés sur les axes routiers de la région de Draâ El-Mizan. à Tizi Ameur, précisément au village Ath-Saïd-Ouahmed, où des habitations sont sérieusement menacées, un affaissement sur un chemin vicinal s'est étendu jusqu'aux portes des habitations. Bien que les moyens de l'APC aient été mobilisés, l'urgence de traiter ce problème demeure. D’ailleurs, le comité de village dénonce la lenteur avec laquelle est traité ce cas qui pourrait entraîner des conséquences fâcheuses. Aux dernières nouvelles, un laboratoire s'est rendu sur les lieux pour une étude de sol. En tout cas, deux familles sont toujours en danger, en attendant une solution rapide. Il faut rappeler que dans le douar de Boumahi, d'autres glissements ont été enregistrés par le passé, à l'exemple de celui d'Ikouvâne où dix habitations ont été démolies de peur qu'elles ne s'écroulent sur leurs occupants. Au total, ce sont 15 familles qui ont été recasées dans des écoles primaires désaffectées, en attendant de leur attribuer des logements sociaux pour certains et des aides à l'habitat rural pour d'autres. à Draâ El-Mizan, un autre cas de glissement a été signalé du côté de Tazrout. L'une des familles menacées par cet éboulement a été elle aussi placée dans une classe de l'école du village.
K. Tighilt/H. Aouidad/ O. Ghilès

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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