Des violences éclatent au lendemain de la visite d’une forte délégation, L’État défié à Ghardaïa !

Liberte; le Mardi 7 Juillet 2015
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Ce n’est certainement pas un hasard si les violences éclatent dans trois localités de la vallée du M’zab au lendemain de la visite du ministre de l’Intérieur à la tête d’une forte délégation à Ghardaïa.

La vallée du M’zab a renoué avec les affrontements depuis samedi, soit au lendemain de la visite du ministre de l’Intérieur, Mohamed Bedoui, jeudi dans la région. Une reprise des violences loin d’être fortuite puisque le message des forces obscures qui attise la flamme de la haine dans la région semble être clair. Il y a eu d’abord, vendredi, un incendie dont la piste criminelle n’a pas encore été exclue et qui a provoqué de grands dégâts dans une ferme à Guerrara, à 120 km au nord-est du chef-lieu de wilaya.
Ensuite, des affrontements dans la nuit de samedi à dimanche à la daïra de Berriane, à 40 km au nord de la ville de Ghardaïa, où d’ailleurs les violences ont fini également par se propager. De rudes affrontements couronnés par des attaques d’émeutiers contre les forces de l’ordre stationnées dans la région par mesure préventive. Le premier bilan hospitalier faisait état, ce dimanche, d’une dizaine de blessés, selon l’APS. Hier lundi, les altercations se poursuivaient dans plusieurs quartiers de la vallée du M’zab, ce qui risque de faire alourdir le bilan des dégâts humains et matériels. Depuis le début des affrontements intercommunautaires en novembre 2013, les Ghardaouis, entre Mozabites et Chaâmbis, n’ont pas cessé de dénoncer une troisième partie qui cultive et tire profit des violences. Mais cette troisième partie dont l’existence est de plus en plus avérée semble avoir poussé le bouchon très loin cette fois-ci. C’est la République avec toutes ses institutions, à commencer par le ministère de l’Intérieur qui est un département de souveraineté, qui sont défiés. Rappelons, à ce propos, que la forte délégation qui a accompagné Mohamed Bedoui dans la vallée du M’zab était composée du DG de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, un représentant du commandement de la Gendarmerie nationale et des secrétaires généraux de différents départements ministériels.
C’est dire que c’est tout l’État qui était représenté au sein de cette forte délégation qui semble subir un affront au lendemain de sa descente en terre ghardaouie. L’affront, sinon le défi est osé en ce sens que le ministre avait parlé avec fermeté, menaçant de sévir contre toute atteinte à l’ordre public. “Je rappelle que nous agirons avec rigueur, dans le cadre des lois de la République, avec ceux qui attisent la fitna et la discorde… et qu’aucune complaisance n'est tolérée avec quiconque s'avise d'attenter à la sécurité de nos enfants et nos frères à Ghardaïa ou de compromettre l'avenir de la région”, a-t-il déclaré sur les lieux.  La “Haute commission de développement et de réconciliation” au profit des Ghardaouis, qu’il a installée lui-même à l’occasion, voit ses projets compromis avant même d’entamer sa démarche d’“examiner les voies et moyens à même de maîtriser la situation dans cette wilaya”. Mohamed Bedoui se retrouve ainsi dos au mur et reste à savoir s’il veillera à l'application “rigoureuse” de la loi contre tous ceux qui “s'avisent de porter atteinte à l'ordre public ou compromettre l'avenir de cette wilaya”, comme il s’était engagé à le faire lors de sa visite, jeudi, à Ghardaïa.

M. M.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Mehdi Mehenni

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