Deuxième jour du procès de l’attentat du palais du gouvernement, Peine capitale pour le groupe de Bouderbala

Liberte; le Jeudi 15 Mars 2012
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Le réquisitoire démontre l’implication directe de Bouderbala Fateh, considéré comme le cerveau de l’attentat  qui a endeuillé des centaines de familles le 11 avril 2007.Le procès de l’affaire de l’attentat perpétré contre le Palais du gouvernement, le siège de la BMPJ-Est et la brigade de gendarmerie de Bab- Ezzouar s’est poursuivi hier après l’audition mardi des mis en cause et dont certains ont préféré garder le silence à l’exemple de Bouderbala Fateh, l’ex-“émir” d’Alger et membre actif du GSPC rallié à Aqmi. Sentencieusement, la salle suit avec grand intérêt le réquisitoire du procureur Talbi. Les victimes et les familles des victimes décédées ont le visage grave. Les évènements, ayant présidé aux tragiques attentats, sont relatés avec précision. Du tissage du noyau jusqu’au jour du drame en passant par l’achat des véhicules ayant servi aux opérations kamikazes, rien n’est oublié, prouvant si besoin est que le dossier est bien ficelé. L’on saura dans cette affaire tout de la mobilisation des moyens logistiques, des prises de vue et de photos des lieux ciblés et enfin de la mise à exécution du plan préparé. Par recoupements d’évènements et d’aveux de certains mis en cause, le réquisitoire démontre l’implication directe de Bouderbala Fateh, considéré comme le cerveau de l’attentat qui a endeuillé des centaines de familles en ce jour du 11 avril 2007. Ce dernier ainsi que Marouf Khaled, Haddouche Salim, Ouzandja Khaled, Slimane Adlane, Bachar Hassane, Laboudi Sid-Ahmed et Kritous Mourad sont directement impliqués dans cette affaire. Le procureur requiert la peine maximale prévue par la loi : la condamnation à mort. Pour Boudina Noureddine, frère de Boudina Marouane alias Mouaâd Ibn Djabal, tué dans l’opération kamikaze contre le Palais du gouvernement, le représentant de la République a requis une peine de cinq ans assortie de 100 000 DA pour non-dénonciation, d’autant que le mis en cause a avoué qu’il avait rencontré à Tidjelabine (Boumerdès) son frère en compagnie de Ghiatou Rabah et Ziani Saïd (groupe de Droukdel en fuite et condamné à mort par contumace) ainsi qu’une trentaine de terroristes armés de kalachnikovs. Le procureur a expliqué que les attentats en question avaient été exécutés par deux groupes, celui dirigé directement par Droukdel composé de huit individus en fuite et celui de Bouderbala qui a contribué par la logistique et le renseignement. Les mis en cause ont, selon le réquisitoire, tous des antécédents avec des affaires de terrorisme. Le juge Hellali et ses assesseurs se retirent en début d’après-midi pour de longues délibérations.À 17h, le procès reprend avec l’annonce du verdict. Sept mis en cause du groupe de Bouderbala écopent de la peine de mort. Kritous Mourad est condamné à dix ans de prison ferme pour appartenance et activité à un groupe terroriste. Boudina Noureddine est condamné, quant à lui, à trois ans de prison pour non-dénonciation de son frère le kamikaze de l’attentat perpétré contre le Palais du gouvernement qui a fait 20 morts et quelque 220 blessés de différents degrés. Si les victimes et les familles des victimes décédées ont affiché une certaine satisfaction dès l’annonce du verdict, celles des accusés n’ont pas contenu leur colère, qualifiant la décision d’injuste et de hogra. Certaines ont carrément crié : nous nous vengerons. Avec ce verdict, le dossier des trois attentats commis contre le Palais du gouvernement, du siège de la BPMJ et de la brigade de gendarmerie à Bab- Ezzouar est clos. En tout, ce sont quelque 32 morts et plus de 350 blessés dont certains auront des séquelles toute leur vie sans parler des blessures morales.
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Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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