Développement de la 4G, Les ambitions d’Algérie Télécom

Liberte; le Mercredi 8 Juillet 2015
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Il est clair que la 4G en mode fixe a eu un succès qui a pris de court Algérie Télécom confronté aujourd’hui à de la saturation. Pour y remédier, le premier responsable de l’opérateur prend le taureau par les cornes et décide d’allouer une attention particulière à cette technologie qualifiée de “complémentaire” par rapport à ce qui est entrepris par AT dans le domaine.
Aussi, après les 180 000 accès donnés, il est prévu l’extension du réseau à travers l’acquisition de nouvelles stations de base. “Nous avons déployé au début 250 stations pour enchaîner sur la deuxième phase avec l’acquisition de 170 nouvelles stations en plus de
230 autres que nous comptons déployer sur tout le territoire national”, a déclaré Azouaou Mehmel, P-DG d’Algérie Télécom qui a tenté d’expliquer la stratégie en la matière : “Certes, cette technologie était prévue initialement pour les zones enclavées mais il n’a jamais été dit qu’elle ne sera pas déployée dans les zones urbaines dans le Nord et autres.” Et de poursuivre : “C’est d’ailleurs une nécessité dans la mesure où nous sommes obligés de remplacer les 700 sites WLL.” À ce propos, Azouaou Mehmel annoncera que “la LTE va offrir de la voix en plus de Data” mais insistera sur le fait que “cela ne sera jamais une technologie de substitution car l’avenir repose sur le développement et la généralisation de la fibre optique et du MSAN”.
À la question de savoir si l’offre 4G en mode fixe est actuellement disponible ou interrompue, M. Mehmel nuancera en révélant que “dans certaines Actel, c’est disponible alors que dans d’autres où la demande a été forte c’est en effet en rupture”.
Il expliquera aussi que le cœur de réseau de la 4G (20% de la bande passante) est différent de celui de l’ADSL et de préciser qu’“il existe
400 gbits de bande passante internationale avec 300 gbits de consommation. Au plan national, là où il y a le MSAN, on peut donner jusqu’à 8 mégabits au client résidentiel et 20 mbits au professionnel pour peu que le support soit éligible à ce débit et, là encore, il nous faudra de nouvelles solutions automatisées”. Sur un autre registre, Azouaou Mehmel a annoncé le partenariat d’Algérie Télécom avec le Centre de développement des technologies avancées (CDTA) à travers l’acquisition de 67% de la Saticom en devenant ainsi l’actionnaire majoritaire. “Cette filiale a pour vocation de développer des solutions intégrées de réseau que nous utiliserons nous-mêmes et que nous mettrons également à la disposition des autres clients en plus de la veille technologique et la recherche-développement”.
Un accord gagnant-gagnant pour les deux parties qui permettra à AT, en définitive, de se départir de l'image traditionnelle d'opérateur gérant et exploitant les infrastructures et de s'investir davantage dans les contenus. Un aspect que M. Mehmel a souligné avec force prônant le développement des services a valeur ajoutée qui favoriserait l’émergence d’une industrie numérique.
Outre la bibliothèque numérique et l’hébergement des sites, il est question de la création de deux grands Data Center, sur fonds propres, dont se servira Algérie Télécom pour ses besoins et ceux de ses clients. “Nous œuvrons pour la généralisation de l'accès à Internet sans négliger le contenu. Car nous n’avons pas encore une économie numérique nationale. Or, nous voulons amorcer une véritable industrie de service de connectivité sur tout le territoire”, at-il martelé, notant que pour l’instant : “Ce sont les fournisseurs étrangers qui profitent de nos infrastructures qui nous coûtent beaucoup d’investissements qu’il faut rentabiliser”, a-t-il reconnu.

N. S.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nabila Saidoun

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