Elle fait l’objet d’une revendication des aveugles , Le projet de révision de la loi sur le handicap soumis au gouvernement

Liberte; le Jeudi 15 Mars 2012
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Le projet de révision de la loi sur le handicap datant de 2002 n’attend plus que son adoption par le gouvernement. Le processus étant déjà finalisé au ministère de la Solidarité, cette révision concerne la promulgation de 12 décrets dont 9 sont déjà adoptés par le secrétariat général du gouvernement.C’est ce qu’a affirmé, hier, Saïd Barkat, ministre de la Solidarité nationale et de la Famille, lors d’un point de presse tenu en marge de la cérémonie de célébration de la Journée nationale des personnes handicapées, organisée à l’École des jeunes aveugles d’El-Achour à Alger. La révision de la loi, explique le ministre, a pour objectif d’enrichir les textes et les adapter à la situation actuelle en vue de permettre une meilleure prise en charge de cette catégorie de la population.Il citera, entre autres, la nécessité de revoir l’allocation scolaire attribuée aux handicapés ou encore la définition d’une nouvelle nomenclature des postes de travail à leur réserver. Il faut rappeler que la révision de la loi de 2002 sur le handicap est la revendication phare, notamment du mouvement associatif représentant les aveugles.Elle a été exprimée juste avant-hier, par Ali Bouabdallah, magistrat et membre actif de l’Association nationale des éducateurs et enseignants spécialisés pour aveugles, lors d’une journée organisée par la même association à la veille de la Journée nationale des personnes handicapées. Pour M. Bouabdallah, ladite loi était intervenue  juste pour combler le vide juridique de l’époque et a été adoptée sans la participation des premiers concernés, à savoir les aveugles. Pis encore, déplore-t-il, cette même loi s’avère non conforme à la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée, en 2009, par l’Algérie. Il juge qu’elle ne consacre guère les principes d’égalité des chances et de discrimination positive, comme stipulé à la fois dans la convention sus-citée et la Constitution. Le défenseur des personnes aveugles s’interroge par ailleurs sur la non-création du fonds de prise en charge devant être financé par les entreprises, conformément à l’article 27 de la même loi, portant sur l’obligation des entreprises à réserver 1% des postes d’emploi aux personnes handicapées. Cette loi, rappelle-t-il, a été calquée sur le modèle français mais n’a connu aucune évolution depuis, sachant que le législateur français a déjà porté le taux exigé des entreprises à 6% au lieu de 1% fixé auparavant. À cette question, le ministre a jugé, hier, qu’il était encore prématuré d’évoquer cette “loi piège”, tant est que le fichier national des personnes handicapées n’est présentement pas assaini. Le ministre préfère plutôt attendre les résultats de l’enquête engagée par son département et sur laquelle il mise beaucoup en vue d’actualiser le fichier national des personnes handicapées ainsi que de recenser leurs besoins effectifs. Reconnaissant l’ignorance de son département du nombre exact des personnes handicapées existantes dans le pays, M. Barkat juge que seuls les résultats de cette enquête “nous permettront de prendre des décisions idoines sur comment il va falloir investir dans le domaine du handicap”. Cette enquête, dont l’examen du questionnaire est prévu pour le 20 mars par le comité technique avant sa validation le 26 du même mois, est engagée sur un échantillon de plus de 60 000 ménages.
F. A.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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