Elle sera présentée lors du prochain Conseil de gouvernement, Étude de suivi de la situation des mères et des enfants

Liberte; le Samedi 4 Juillet 2015
111315

Plus connue sous le nom d’enquête Mics, l’étude à “indicateurs multiples” qui vient d’être publiée en Algérie est la 4e du genre.

Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans (infanto-juvénile) est estimé à plus de
24 pour 1000 (24,1‰). Le taux de mortalité infantile, quant à lui, est de 21,4‰, alors que le taux de mortalité juvénile est de 2,8‰, celui de la mortalité néonatale de 15,7‰ et celui de la mortalité post-néonatale de 5,7‰. C’est ce que révèle la dernière enquête nationale sur le suivi de la situation des femmes et des enfants, qui a été réalisée par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, avec l’appui technique et financier du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et une contribution financière du Fonds de l’ONU pour la population (Unfpa).
Cette étude montre également des écarts, parfois négligeables, dans la vaccination des enfants, sans omettre de relever le recours, quelquefois excessif, aux antibiotiques, pour soigner les infections respiratoires aiguës (IRA) des enfants de moins de 5 ans. Mais la même enquête met en exergue le recul de l’âge au mariage et celui de la polygamie, puisque seuls 3% des femmes âgées de moins de 50 ans sont mariées avec des hommes polygames. En outre, elle dévoile l’existence de la violence familiale, essentiellement la violence à l’égard des femmes, qui touche davantage les femmes de plus de 45 ans.
Sur un autre plan, des régions, comme les Hauts-Plateaux, sont susceptibles de développer une carence en iode (CI), alors que celle-ci est non seulement la “première cause mondiale d’arriération mentale évitable et de développement psychomoteur avec facultés affaiblies chez les jeunes enfants”, mais elle est aussi à l’origine de la mortinatalité et des fausses couches chez les femmes enceintes. Par ailleurs, des lacunes sont observées au niveau des soins prénatals et de protection contre le tétanos néonatal. Pour ce qui est de l’accouchement, les femmes vivant en milieu urbain, plus particulièrement dans le nord du pays, bénéficient d’une meilleure assistance qualifiée.

Conformité aux standards internationaux
Tout en révélant la dynamique démographique que connaît aujourd’hui le pays, l’enquête sur le suivi de la situation des enfants et des mères renseigne sur les conditions de vie et d’habitat des ménages, sur l’éducation et le travail des enfants, sur la fécondité des femmes, la contraception et la planification familiale, sur certaines maladies chez l’enfant, leur prévention et leur prise en charge. Elle traite également des questions liées à la nutrition des enfants, en témoignant dans le même temps des disparités entre les régions du pays, notamment entre le Nord et le Sud, des “différences significatives” selon le sexe, le milieu de résidence, l’espace territorial et le niveau de richesses des ménages, ainsi que des conséquences du niveau d’instruction des parents, principalement des mères, sur la santé familiale et la prévention du VIH/sida. Plus connue sous le nom d’enquête Mics, l’étude à “indicateurs multiples” qui vient d’être publiée par le ministère de la Santé est la 4e du genre. Celle-ci comporte un double intérêt. Les résultats de l’enquête qui seront présentés lors du prochain Conseil de gouvernement ont permis, en effet, la “restitution” du plan national de “réduction accélérée de la mortalité maternelle”, pour la période 2015-2019. De plus, la publication de cette étude intervient en 2015, année qui coïncide avec le 25e anniversaire du programme global d’enquêtes MICS, qui a été lancé par l’Unicef, pour aider les pays en développement à “combler les insuffisances et les lacunes constatées”, en matière de disponibilité de statistiques sur la situation des femmes et des enfants. Il y a quelques semaines, le représentant de l’Unicef en Algérie, Thomas Davin, a affirmé que le programme Mics est devenu “une source incontournable” de données, destinées à informer et à servir les processus de “développement humain et social”. Il a, en outre, confirmé la “conformité aux standards internationaux” de l’enquête Mics4 en Algérie. Selon M. Davin, la publication récente de l’étude n’est que “le commencement” car, aujourd’hui, il est “plus que crucial” d’exploiter toutes les données collectées, aux fins de renforcer les “politiques publiques” et d’améliorer “la qualité des services sociaux”. Toutes ces informations, résumera le représentant onusien, doivent être utilisées pour améliorer les “conditions de vie” des citoyens.
Si l’enquête Mics4 permet, à l’échelle nationale, de renforcer le système d’information dans les domaines de la santé et de la population, de réduire ou de corriger des déficiences, de réajuster les objectifs de la politique nationale de population, de prévoir à moyen et long terme ou d’entreprendre des démarches d’anticipation pour l’amélioration du bien-être de la population, surtout des mamans et des enfants, elle fournit également des données nécessaires et comparables au niveau international, pour mesurer les progrès réalisés par notre pays.

H. A.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Ameyar Hafida

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..