Hamid Foufa l’a déclaré hier au tribunal de Blida, “Les 32 EES de l’agence d’Oran sont des libellés fantaisistes…”

Liberte; le Mercredi 14 Fevrier 2007
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Le tribunal a poursuivi l’audition des responsables des organismes publics de l’Ouest s’accrochant aux supposées commissions versées par l’agence d’Oran. Ces derniers n’ont cessé de réitérer leur méconnaissance de ce procédé. L’expert judiciaire, nommé par le juge d’instruction, a estimé que les écritures comptables internes à l’agence d’Oran et à El Khalifa Bank étaient des “libellés fantaisistes” difficilement imputables dans les faits à ces responsables. Les 32 écritures entre sièges de l’agence KB d’Oran valent aujourd’hui à bon nombre de responsables d’organismes régionaux de se retrouver sur le banc des inculpés en correctionnel. Ces EES, qui sanctionnent des sorties de fonds, ont été libellées au porteur et justifiées au nom des entreprises par l’agence d’Oran. Premier à être auditionné, Boualem Boulefrad, P-DG de l’Entreprise nationale de production de la bière (ERD), établie à Oran, et son ancien directeur général gérant. Il expliquera avoir négocié par  “écrit” avec le responsable de l’agence d’Oran, refusant de le recevoir. L’entreprise a effectué un placement en 2000 de 80 millions de DA pour un taux d’intérêt de 8.5% fixe et à terme après consultation et négociation. Par la suite, d’autres placements ont été effectués. Le montant global s’élevant à 326 millions de DA dont 310 millions de capital. C’est également le montant du préjudice causé. Il a nié n’avoir “jamais perçu” de commission même s’il a bénéficié d’une carte de gratuité Airways “jamais utilisée”. La présidente appellera alors Hakim Guers, le directeur de l’agence KB d’Oran. “Venez nous expliquer, c’est de votre faute si ces gens sont là”, dira-t-elle. Hakim Guers a, à la surprise du tribunal, affirmé “n’avoir  jamais remis un dinar” à Boualem Boulefrad. La défense du P-DG demandera acte de la déclaration, ce qui provoquera un incident avec la présidente. Mme Brahimi finira par concéder. “C'était tantôt une réévaluation du taux d’intérêt demandée par les DG des entreprises, parfois c’est juste des écritures destinées à l’appréciation de Baïchi Fouzi, qui était directeur des marchés et des capitaux à El Khalifa Bank et, par moment, l’argent était versé au compte des entreprises”, expliquera le DG de l’agence d’Oran. À Guers qui avait du mal à répondre à une question de la partie civile, la présidente déclarera : “Vous ne pouvez pas expliquer parce que vous n’êtes pas honnête dans vos réponses.” Khedoudja Saliha Belhachemi, ancien P-DG du Centre des études et des réalisations urbaines d’Oran, inculpée également, a expliqué le processus de décision qui a amené l’organisme à placer ses fonds. Elle dira que la décision émane du conseil d’administration après la baisse des taux d’intérêt des banques publiques. “Nous étions toujours pénalisés. Face à ces difficultés, nous avons été attirés par les taux attractifs de KB”. La décision a été prise en septembre 2001 et les dépôts représentaient des encaissements reçus par le centre. “Le champ économique n’était pas aussi pervers que maintenant, une banque privée était un produit légal”. En tout, 12 conventions seront signées et deux renouvellements. Le montant global des dépôts était de 229 millions de DA avec des taux d’intérêt variant entre 10 et 11% à échéance. Elle non plus n’a jamais entendu parler, a-t-elle affirmé, de ces fameuses commissions avant sa comparution en qualité de témoin à la gendarmerie. “J’ai été surprise, choquée. Toute ma vie j’ai été intègre, je n’ai jamais touché de commission”. L’entreprise demandera, selon elle, le remboursement de ses DAT en février 2003 par écrit. Cela n’a jamais pu se faire. “Nous n’avons jamais pensé qu’une banque commerciale avec un réseau national, agréée et contrôlée par l’État puisse faire faillite aussi vite”. Le PG interviendra pour défendre, une première fois, l’administrateur provisoire. Hamid Foufa, l’expert judiciaire assermenté, agréé auprès des tribunaux, a été rappelé pour expliquer les 32 EES. “Il s’agit de décaissement en espèces”. Ce sont, selon lui, des “libellés fantaisistes” et ne peuvent être considérés comme des commissions. L’expert a expliqué que les EES en question sont des “suspens qui ont été présentés en tant que préjudices”. Aucune trace ne montre, pour Hamid Foufa, que les directeurs des entreprises ont encaissé les commissions. Farid Benameur, le président de la Commission nationale des œuvres sociales relevant de la Fédération travailleurs de l’éducation, UGTA, a expliqué que le Cnos a versé en octobre 200 “une partie des intérêts des DAT placés auprès de la BEA”, soit 500 millions de DA sur un montant global de plus de 180 milliards, après décision de la commission composée de 9 membres à la majorité. Actuellement, le Cnos est créancier de la liquidation pour les 500 millions. Samar Smati

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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