Hanoune y dénonce une nouvelle prédation du président du FCE, Haddad investit le secteur de l’énergie

Liberte; le Jeudi 2 Juillet 2015
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Ali Haddad, qui a toujours voulu accéder au marché de l’énergie, vient d’exaucer un souhait auquel l’ex-ministre du secteur, Youcef Yousfi, se serait longtemps opposé.

Dans un point de presse organisé, hier, au siège du Parti des travailleurs, à Alger, Louisa Hanoune a alerté sur “une nouvelle prédation” du président du FCE. Selon la SG du PT, une entreprise privée du nom d’Algeoland est en passe d’accaparer les marchés de l’entreprise publique Enageo, filiale du groupe Sonatrach. Résultat immédiat : dissolution de trois unités de cette société publique avec mise au chômage de 1 000 techniciens et ingénieurs, lesquels d’ailleurs ont été récupérés par l’entreprise privée en question.
D’après toujours Louisa Hanoune, Algeoland, qu’elle affirme appartenir à Ali Haddad, a bénéficié d’un prêt bancaire de 50 millions de dollars accordé par la Banque d’Algérie. “C’est la preuve que l’oligarchie n’apporte aucune valeur ajoutée et qu’elle ne participe pas à la création de l’emploi comme le prétendent certains”, dénonce-t-elle. La première dame du PT s’est montrée particulièrement inquiète dans le sens où “ce n’est même pas là une forme de privatisation classique suivant un transfert de propriété avec des règles et un cahier des charges”.
Pour elle, c’est plutôt “un démantèlement du secteur public sur orientation de la prédation par l’État et au profit de nouvelles entreprises privées et sans expérience”. Et elle ajoute qu’il serait suicidaire de s’aventurer de la sorte dans un secteur aussi sensible et stratégique que celui de l’énergie.

“Yousfi victime de Total”
Louisa Hanoune, qui a longuement remis en question le contenu de la LFC 2015, qu’elle juge d’ailleurs “inquiétant”, est revenue sur les déclarations du ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, qui avait récemment soutenu que “l’État va se désengager du financement des projets à partir de la dépense publique”. La SG du PT estime d’abord que “ce sont là les directives de Doing Business mais aussi du FMI qui a recommandé une politique d’austérité pour l’Algérie”. Mais à quels desseins ? La conférencière soupçonne une démarche combinée, qui consiste dans un premier temps à ouvrir la voie à l’opérateur privé, lequel devra désormais financer les projets publics. Mais comme l’État ne soutient plus ces projets, Louisa Hanoune suppose que l’opérateur privé ira chercher de l’argent dans les banques étrangères.
Une opération, poursuit-elle, qui nécessite un garant et c’est donc le Trésor public qui prendra sur lui cette dette. Et ce n’est pas un hasard, conclut-elle, si aujourd’hui on parle de revenir à la dette extérieure. Et comme Louisa Hanoune pense que “l’oligarchie ne peut pas survivre sans le capitalisme et les multinationales”, elle établit une relation de cause à effet avec le retour du groupe français Total, en Algérie. “Aujourd’hui, nous avons la preuve pourquoi Youcef Yousfi a été sacrifié pour un autre ministre qui est, peut être, plus maniable. Voilà Total qui revient par la grande porte, alors que Yousfi était prêt à aller avec cette multinationale à l’arbitrage international”, soutient-elle. Et cette situation, Louisa Hanoune la met sur le compte d’“un basculement survenu au lendemain de la prestation de serment d’Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat”. Elle trouve bien beau que des invités étrangers viennent parler aux Algériens de la grande maîtrise géostratégique et l’expérience diplomatique d’Abdelaziz Bouteflika, mais cela ne l’empêche pas de s’interroger : “Son silence est très lourd de sens. Est-ce qu’il est d’accord avec cette dérive mortuaire et qui est opérée en son nom ?”

M. M.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Mehdi Mehenni

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