Il sera enterré aujourd’hui à Sidi Atmane aux Ouacifs, Mohamed Belhanafi tire sa révérence

Liberte; le Lundi 5 Mars 2012
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Mohamed Belhanafi, de son vrai nom Aït Tahar Mohamed, n’est plus. Il est décédé, avant-hier, à Boukhalfa (Tizi Ouzou) à l’âge de 85 ans, des suites d’une longue maladie. Belhanafi est né le 7 février 1927 à Sidi Atmane, village des At Ouacifs perché au flanc du Djurdjura. Féru de la poésie et du théâtre, il était d’abord commissaire politique au sein du FLN durant la guerre de Libération nationale à Tiaret. Après l’Indépendance, il avait intégré la Radio nationale comme animateur. Il avait animé, au début de sa carrière radiophonique, plusieurs émissions qui ont vu l’émergence de beaucoup de talents dans la chanson kabyle. Comme “Leqlam  Ajdid”, (le nouvel encrier), “Nuvat Lfuruh” (Place à la gaieté). Ces émissions furent un moment de joie et de bonheur pour les auditeurs qui s’abreuvaient de mots lyriques de l’animateur et des invités. Belhanafi sera appelé, quelque temps après,à la rescousse pour animer la célèbre émission “Ighenayyen Uzekka”, (Les chanteurs de demain). Cette émission fut un tournant décisif dans la carrière de plusieurs artistes, comme Aït Menguellet, Ferhat, Idir, Malika Domrane. Belhanafi aimait aussi le théâtre. En 1965, il a écrit la pièce Lewsayat n-lwaldin, (Les conseils des parents). En 1971, il récidivait avec une opérette Ighef ussegwas (la porte de l’année). Six années après, il présente la pièce Win Yedderen Ad Yemlil, (qui vivra rencontrera). En 1997 avec la pièce Immi Zdin, (puisqu’ils se concertent). Et depuis, il s’est consacré entièrement à l’émission “Rrif Lkanun”, (autour du feu). Durant sa carrière, Belhanafi s’est illustré, notamment, par ses poèmes chantés par plusieurs artistes. Azger, (le bœuf), l’une des chansons interprétées par Idir. Il a composé plusieurs autres chansons pour Malika Domrane, qui était déjà parmi la chorale du lycée El-Khansa de Tizi Ouzou. Il avait composé, aussi, Mouloud Habib, Anissa, Malha… Selon Mourad Ali-Mamar, poète et ami du défunt, “Dda Mohamed Belhanafi aimait la poésie et surtout la langue kabyle”. Il a ajouté que “vendredi passé, Belhanafi n’avait pas voulu rater son émission malgré sa maladie”. “Il venait souvent avec un cartable plein d’archives et de poèmes”, a-t-il témoigné, avant de préciser qu’“il a mené son combat pour l’art et la langue jusqu’à son dernier souffle”. Selon ses proches, il sera enterré aujourd’hui à Sidi Atmane, village relevant de la commune des Ouacifs, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Belhanafi est père de deux enfants.
M M

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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