Journée de l’OMD, L’heure de vérité pour la Douane algérienne

Liberte; le Lundi 29 Janvier 2007
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Cette institution manque aujourd’hui de moyens pour assumer ses missions au profit de l’économie algérienne.L’institution algérienne a célébré samedi dernier la Journée mondiale de la douane. Opportunité pour dresser l’état des lieux après la nomination de M. Bouderdala à la tête de la douane. Cette dernière est en attente d’un programme. Les journées sur la contrefaçon organisées à cette occasion ont montré qu’elle manque de moyens pour assurer ses missions de contrôle. Le premier responsable de cette institution est chargé de la sortir de l’état de déliquescence dans laquelle elle se trouve, devenu apparent avec la série de scandales, notamment des stations de dessalement de Khalifa où est mise en cause une dizaine de douaniers.>Les limites de la formation à la douane. L’institution se trouve face à l’absence d’un encadrement qualifié. Elle n’envoie plus depuis près de cinq ans ses cadres supérieurs se former à l’école supérieure de Neuilly, alors qu’auparavant elle envoyait 10 à 12 cadres se former annuellement dans cette grande école. Des responsables douaniers avouent qu’il existe de graves carences dans la mise à niveau des connaissances d’une partie non négligeable du personnel douanier. Les cadres supérieurs qualifiés en retraite ne sont pas utilisés dans la formation des douaniers alors qu’ils peuvent faire profiter le corps de leur expérience. >Une direction et un management qui ont perdu de leur substance. L’institution a été ébranlée par différents scandales qui ont déstabilisé cette institution, raconte un responsable douanier. En effet, différents responsables qui occupaient de hautes fonctions sont partis soit en retraite — ils n’ont pu être remplacés par des cadres compétents — soit mis en cause dans des affaires et donc limogés soit poussés à la sortie. Résultat des courses : la direction, le management de l’institution a perdu de sa substance. La douane attend toujours un nouvel organigramme.>Une institution déstabilisée par les scandales. Les scandales des métaux ferreux et non ferreux, des valeurs administrées ont montré que cette institution était gangrenée. Il a fallu l’intervention du chef de l’État pour limoger de hauts responsables douaniers impliqués dans ces affaires. Mais l’assainissement du corps est loin d’être achevé. Nombre d’officiers de douane se trouvent mis en cause aujourd’hui dans différents dossiers d’évasion fiscale et de transfert illicite de devises.>Complexité du contrôle face à l’insuffisance des moyens. La douane manque de moyens pour assurer ses missions. Tous les ports ne sont pas dotés de scanners. Elle manque de moyens financiers pour assurer l’entretien du matériel. Face à l’étendue des frontières, 7 000 kilomètres, ses moyens restent rudimentaires face aux réseaux de contrebande. Elle n’est pas également outillée pour lutter contre la contrefaçon : absence de laboratoire d’essai, personnel insuffisamment formé pour détecter les imitations de marques. La douane a donc besoin d’être réhabilitée comme véritable instrument de contrôle de l’économie nationale. Et de se mettre à niveau face à l’apparition de nouvelles formes de criminalité économique. Pour cela, une revitalisation s’impose. La poursuite de l’assainissement, le développement de la formation de qualité, l’intégration de jeunes cadres honnêtes et compétents dont le travail est balisé par des règles d’éthique, l’acquisition de moyens, sont autant de chantiers dont l’enjeu reste le renforcement de l’État algérien. N. Ryad

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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