L’association des magistrats révoqués le demande, “Au président de la République de clarifier sa position”

Liberte; le Dimanche 4 Mars 2012
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L’Association des magistrats révoqués, créée au mois de mai 2011, multiplie les actions pour que ces membres (quelque 150 juges) soient réhabilités. “Je n’irai pas jusqu’à affirmer qu’ils ont tous été injustement radiés, mais je peux affirmer que l’écrasante majorité de ces décisions a été prise soit par un Conseil supérieur de la magistrature (CSM) illégitime et non représentatif, soit sur instruction du ministre de la Justice en personne, et nous avons de nombreuses preuves qui peuvent en témoigner. La plupart de ceux qui ont rejoint l’association ne veulent pas revenir à la magistrature parce qu’ils sont bien là où ils exercent actuellement. Ils veulent juste être réhabilités. Notre association a été créée pour exiger une enquête sur l’ensemble des révocations”, a confié Mohamed Bakhtaoui, président de l’association, au moment de sa création. Hier, lors d’une conférence de presse qu’il a animée à Alger, il a affirmé que des démarches entreprises en direction du chef de l’État avaient quasiment abouti. “Nous avons transmis, au premier magistrat du pays, par le biais d’un haut cadre de la Présidence, une lettre dans laquelle nous exposons notre situation et nous demandons son arbitrage. Au mois de septembre dernier, il a mis en place une commission d’enquête sur nos dossiers”, rapporte l’ancien président du tribunal d’Es-Sénia d’Oran. “À la fin du mois d’octobre, la commission a affirmé que 53 magistrats devraient être réintégrés dans leur fonction. Nous attendions l’annonce de cette décision à l’ouverture de l’année judiciaire, en vain”, a-t-il poursuivi. Il a affirmé que l’un des magistrats révoqués a été convoqué au ministère de tutelle. On lui a proposé un poste administratif qu’il a refusé. “Notre objectif est la réhabilitation”, a rappelé M. Bakhtaoui. Le conférencier soupçonne au-delà des manœuvres qui ont mené au gel de la procédure de réintégration des 53 magistrats. “Nous avons appris le retour de l’inspecteur général du ministère à son poste”, a informé le président de l’Association des magistrats révoqués, qui estime que c’est là un changement de cap dans le traitement de l’affaire des magistrats révoqués. “Pourquoi le président de la République a changé d’avis ? Nous lui demandons de clarifier sa position”, a-t-il déclaré.
S H.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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