L’organisation des Moudjahidine, Le ras-le-bol d’une combattante

Liberte; le Lundi 19 Mars 2012
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L’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) est-elle un club réservé aux hommes ? L’ouverture du 11e congrès de l’ONM, samedi au Palais des nations, a été marquée par une protestation, une expression de ras-le-bol de la part d’une moudjahida, Mme Meriem Belmihoub Zerdani s’est, en effet, élevée contre l’exclusion des moudjahidate. Aucune femme ne figurait sur la liste des membres du bureau du congrès, encore moins de celle des membres du conseil national. Pour Mme Belmihoub, “il s'agit là d'une discrimination et d'une violation de la Constitution”. Au moment où la classe politique se démène, comme elle peut, pour assurer, ne serait-ce que formellement, une représentation féminine lors du scrutin de mai prochain, les responsables de l’ONM font la sourde oreille et continuent de privilégier les vieux réflexes.Le secrétaire général de l’ONM, Saïd Abadou, a tenté hier, de réagir aux propos de Mme Belmihoub. Ainsi, hier dimanche, il a annoncé qu'il prendrait “une décision permettant de consacrer aux moudjahidate un nombre acceptable de sièges au sein des structures de l'organisation”. M. Abadou a précisé, dans une déclaration à la presse en marge des travaux du 11e congrès de l'ONM, que l'attribution aux moudjahidate de sièges au sein de l'Organisation “se fera à partir des kasmas jusqu'au secrétariat national”.Cette décision, même tardive, pourrait réparer une injustice flagrante vis-à-vis de celles qui ont porté les armes, comme leurs frères moudjahidine, mais qui ont toujours été, dans les faits, considérées comme des éternelles mineures. Cette “attribution” d’un nombre de sièges au profit des femmes, même si elle paraît antidémocratique, et par trop paternaliste, est, tout de même, un bon début, en attendant de reconnaître, dans les faits, les droits des femmes.La sortie de Mme Belmihoub a le mérite de reposer le problème de la représentativité des femmes dans les institutions. L’on se rappelle du débat à l’APN autour du quota devant être réservé aux femmes sur les listes des partis politiques. Des 30% proposés par le président Bouteflika, les députés ont réduit ce quota à 20% et, au regard du déroulement de l’opération de confection des listes électorales, tout indique que les partis persistent à exclure les femmes et à les confiner dans des rôles tout à fait symboliques. Car, au-delà des décisions politiques, il y a une culture bien ancrée dans la société qu’il s’agira de faire évoluer. Les exemples de l’APN et de l’ONM sont là pour le prouver.
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Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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