L’organisation patronale tient un grand symposium les 14 et 15 mars prochains, Le FCE fait le bilan des 50 ans de l’économie algérienne

Liberte; le Mercredi 7 Mars 2012
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À l’issue du symposium, le FCE fera 50 propositions “de nature à engager rapidement notre pays et notre économie dans cette voie salutaire”.Le Forum des chefs d’entreprise (FCE) organisera les 14 et 15 mars prochains à l’hôtel El-Aurassi, un grand symposium, qui sera consacré à l’évaluation des différentes politiques économiques suivies par l’Algérie depuis son accession à l’indépendance politique et des expériences de développement auxquelles elles ont donné lieu. Pour le FCE, “il semble urgent de commencer à donner une cohérence à ce qui s’apparente à une frénésie de dépense publique, dans les secteurs budgétaire et hors budgétaire, à des niveaux financiers jamais atteints jusque-là, le tout sans que la visibilité des objectifs poursuivis, leur pertinence et leur efficacité, aient fait l’objet de réflexion approfondie”. L’effort d’investissement, sans précédent (40 à 45% du PIB) qu’est en train de faire la nation au cours des dernières années, estime le forum, “demande très certainement à être mieux ordonné et adossé à des objectifs de développement plus clairement formulés, si nous voulons qu’il donne lieu à des niveaux de croissance économique plus ambitieux que les 2-3% que nous réalisons aujourd’hui”. La disponibilité d’un volant important de ressources financières procurées par une conjoncture exceptionnellement favorable sur le marché international des hydrocarbures, une matière première non renouvelable qui constitue toujours l’unique source d’exportation “devrait servir en priorité à préparer l’avenir et non à justifier des dépenses inefficaces ou inopportunes”, suggère le FCE, indiquant qu’il s’agit de commencer à fixer à la politique économique nationale une perspective claire, en termes de diversification progressive d’un système de production et d’exportation, marqué par son excessive dépendance à l’égard du secteur des énergies fossiles. “L’abondance de ressources, au présent, semble faire écran à l’analyse lucide et à l’urgence absolue qu’il y a à commencer à préparer l’économie nationale à des échéances incontournables, celles d’un amenuisement, certes, progressif mais inscrit dans les chiffres, des réserves nationales d’hydrocarbures et de la rente qu’elles ont procurées jusqu’à maintenant et qui sert à financer la croissance aussi bien que les besoins les plus essentiels de la population”, constate le FCE. L’ouverture la plus large du débat sur l’épuisement inévitable des réserves, jusque-là confiné dans des cercles fermés de politiques ou d’experts, “apparaît comme une nécessité de tout premier ordre pour l’ensemble des acteurs économiques nationaux”, plaide le forum.  Les politiques conduites jusque-là ont mené à l’impasse  Le Forum des chefs d’entreprise a voulu placer ce symposium dans le contexte solennel du cinquantenaire de l’accès de l’Algérie au statut d’État indépendant, rappelant qu’“au lendemain d’une indépendance politique arrachée de haute lutte, le défi majeur qui confrontait le pays en 1962 était celui de garantir son développement économique, de combattre la pauvreté et la précarité et d’assurer une vie décente à l’ensemble de la population algérienne”.Le FCE note une forme de désillusion qui semble frapper aujourd’hui les acteurs économiques nationaux et affirme que les politiques conduites jusque-là ont mené à l’impasse. C’est pourquoi il est nécessaire, affirme le Forum des chefs d’entreprise, “de faire une rétrospective des politiques de développement suivies par notre pays depuis l’année 1962, avec leurs forces et leurs faiblesses, leur succès ou leur échec”. Le Forum des chefs d’entreprise considère surtout que, face à des enjeux nécessairement complexes, la réflexion au sujet de la politique de développement devra impliquer nécessairement tous les acteurs concernés. En tant qu’association regroupant des chefs d’entreprise, le FCE considère qu’“une des exigences premières d’efficacité passe par la reconnaissance du rôle éminent de l’entreprise comme source de la création de richesses et, partant, de la nécessité absolue de placer celle-ci au centre de toute politique économique”. Des expériences plus efficaces tentées par d’autres pays à travers le monde seront examinées “en essayant de mettre en exergue certains des aspects les plus marquants qui ont contribué à leur succès”.Des pays comme la Malaisie, la Géorgie et la Corée du Sud peuvent inspirer ce qui peut être engagé en Algérie. Ces pays ont, en effet, réussi de façon exceptionnelle leurs réformes pour offrir à leur économie les conditions d’une croissance forte et soutenue. Trois panels, animés par des économistes et des chefs d’entreprise de renom, sont prévus. Le premier panel sera consacré à l’inventaire des “50 ans de l’économie algérienne, histoire, état des lieux”. Le deuxième sera centré sur l’impasse à laquelle peut conduire l’état de nos ressources en réduction par rapport à la demande sociale en explosion. Le troisième panel traitera du secteur privé comme moteur de la croissance. À l’issue du symposium, le FCE rendra publiques 50 propositions “de nature à engager rapidement notre pays et notre économie dans une voie salutaire”.À noter, par ailleurs, que Liberté est sponsor-média de cet événement.
M R

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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