“Le coût du non-Maghreb” sous la loupe, “Une coopération économique aiderait à résoudre bien des problèmes”

Liberte; le Jeudi 8 Mars 2012
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Il faut croiser les participations dans le capital des entreprises publiques et privées maghrébines et associer les intérêts entre entreprises maghrébines et étrangères pour créer des liens de confiance basés sur la reconnaissance des intérêts réciproques.Francis Ghiles, chercheur au Centre d’études internationales de Barcelone, lors d’une session de club des journalistes organisée, avant-hier, par la Chambre allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie) en collaboration avec la fondation Friedrich-Naumann, estime que le Maghreb ne pèse pas grand-chose, aujourd’hui, sur la scène mondiale. “Il est évident que si ces pays se présentent groupés à Washington ou à Bruxelles, on les écouterait beaucoup plus”, affirme-t-il. Il a évoqué des secteurs qui pourraient être particulièrement porteurs pour constituer le carburant de cette intégration.“Le Maroc détient des réserves importantes de phosphate. En Algérie, on produit du gaz, de l’ammoniac et du soufre. Si on met le tout ensemble, on pourrait avoir une industrie des engrais qui aura les prix les plus compétitifs au monde. Avec les besoins en engrais de la Chine, de l’Inde du Brésil…, un partenariat pourrait créer des centaines de milliers d’emplois”, cite-t-il en exemple. Les grands pays émergents comme l’Inde, le Brésil, la Chine ont besoin de ces intrants pour financer leur développement agricole. Ce sont là de nouveaux marchés solvables de taille immense. Les pays maghrébins pourraient renforcer leur position dans ces pays, renégocier leurs partenariats et viser une présence active et combien porteuse d’avenir dans une industrie stratégique. La grande question en Afrique du Nord, selon lui, “est de savoir, si ces pays vont s’intégrer dans ce vaste circuit mondial”.Pour Francis Ghiles, le problème du Sahara Occidental n’empêche pas d’avancer sur un certain nombre de dossiers.“Pour avancer sur le chemin de l’intégration économique, la confiance reste le maître mot”, a-t-il estimé. Il est clair, indique-t-il, que Oujda gagnerait à l’ouverture des frontières, mais il clair aussi, a-t-il ajouté, qu’“on ne peut pas ouvrir les frontières du jour au lendemain dans les circonstances actuelles”, relevant, entre autres, la fuite des produits alimentaires subventionnés en Algérie, vers les pays voisins. Francis Ghiles est convaincu que “si les dirigeants nord-africains arrivaient sur deux ou trois plans essentiels à dire la même chose face à l’Europe, cela aurait un énorme impact aujourd’hui”. Il a noté que les cadres du processus de Barcelone et de l’Union pour la Méditerranée n’avaient pas été des cadres à l’intérieur desquels il y avait beaucoup d’avancées.“Aujourd’hui l’Europe doute d’elle-même”, a-t-il affirmé, indiquant que personne n’a de vision. “Le seul pays qui a une vision, c’est la Turquie, devenue une puissance économique régionale”, a souligné Francis Ghiles.
M. R.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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