LE FONCIER AU MENU DU QUATRIÈME ROUND DE NÉGOCIATIONS , Projet Peugeot : les choses sérieuses commencent

Liberte; le Mardi 7 Juillet 2015
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Il est attendu qu’une forte délégation algérienne, composée d’experts et de décideurs, se rende, très prochainement, en France, pour visiter les modèles d’usines de PSA Peugeot Citroën.

Une importante délégation du directoire de PSA Peugeot Citroën séjourne actuellement à Alger pour entamer le quatrième round de négociations en vue d’installer une usine automobile. Composée de chefs de projets, de chefs de produits et de responsables commerciaux pour la zone Afrique et Moyen-Orient, cette délégation a abordé hier la problématique du foncier avec le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, et ce, en présence de hauts responsables du secteur. La nature du projet à lancer dans les années à venir en Algérie n’a pas été évoquée dans le détail, du fait que la question relèverait de la responsabilité du patron de PSA Peugeot Citroën, Carlos Tavares, et du ministère chargé du secteur.
À l’étude depuis plusieurs mois au sein du directoire de PSA Peugeot Citroën, ce projet a suscité plusieurs interrogations quant à son impact sur l’industrie automobile dans la région, d’une part, et sur l’économie algérienne, d’autre part.
Du côté de Peugeot Citroën, la chose est évidente, l’Algérie figure dans une zone en croissance, en l’occurrence l’Afrique et demeure sous-équipée pour attirer l’intérêt des groupes automobiles mondiaux. Le subterfuge de l’absence d’un tissu industriel est, à chaque fois, évoqué pour évacuer l’idée d’aller vers une usine de fabrication aux standards internationaux.
Du côté algérien, le politique l’emporte sur l’industrie et le ministre chargé du secteur met la pression sur Peugeot Citroën, arguant que l’Algérie négociera avec ses conditions. Autrement dit, le gouvernement ne voudrait pas rééditer et/ou calquer le modèle de l’usine de montage de Renault Algérie Production (RAP), inaugurée en novembre 2014 à Oued Tlelat (Oran). Aujourd’hui, le dossier est sur la table et le quatrième round de négociations a bel et bien commencé.
Mises quasiment sous scellés, les négociations ne feront l’objet d’aucun communiqué public, encore moins d’une déclaration de l’un ou de l’autre des deux côtés, sachant qu’à ce stade-là, toute fuite d’information serait considérée comme une violation du secret des discussions. Mais le fait est là : les Français ne voudraient pas rééditer en Afrique et donc en Algérie, leur “ratage” du marché chinois où General Motors, Toyota, Hyundai et Kia font partie des pionniers déjà installés sur le continent. Du coup, le marché algérien favorisera leur politique “Back In The Race” et dont l’intérêt est d’investir dans une grande usine à l’ouest du pays. Cela hisserait l’Algérie au troisième rang en Afrique, derrière l’Afrique du Sud et le Maroc, alors que la relance est en cours pour une activité d’assemblage de Peugeot au Nigeria. Même s’il est avare de détails, Carlos Tavares a fait récemment un effort en révélant à l’AFP, il y a trois jours, que “PSA discute d’une usine en Algérie avec les autorités”. Quant aux modèles à développer sur le marché africain, le directeur de la zone Afrique Moyen-Orient du groupe, Jean-Christophe Quémard, estime qu’il faut proposer aux clients africains des voitures répondant à leurs attentes spécifiques, à un prix serré. “Les petits véhicules n’ont pas très bonne presse, parce que les familles sont assez grandes, et il faut un coffre important”.

F. B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid BELGACEM

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