LE MINISTÈRE RASSURE ENCORE ET LES SYNDICATS DEMENTENT, Pénurie de médicaments : le scandale des grossistes

Liberte; le Dimanche 5 Juillet 2015
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“Seul le lancement de l’Agence du médicament pourrait remédier à ce problème. Il s’agit de suivre la traçabilité des médicaments et de régler leur circuit”, a indiqué le président du Conseil de l’Ordre des médecins, le Dr Mohamed Bekkat Berkani.

La pénurie de médicaments dans les hôpitaux continue à défrayer la chronique à tel point où les assurances du ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, qui avait, par ailleurs, démenti cette carence, ont suscité de vives réactions des acteurs majeurs du secteur de la santé.
En effet, hier, le président du Conseil de l’Ordre des médecins, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, a estimé que “le problème réside dans le rétention des médicaments chez les grossistes”. Considérant que  les voyants sont au rouge et qu’il est temps de “revoir le circuit actuel des grossistes”, M. Bekkat a relevé le fait qu’“un certain nombre de grossistes disposant d’un agrément n’ont jamais importé”. Et d’en rajouter une couche en révélant le chiffre de “500 grossistes réels et supposés” qui activent dans le secteur du médicament et qui échappent totalement au contrôle des pouvoirs publics.
Devant cet état de fait, le Dr Bekkat juge urgent d’aller vers une instance qui pourrait juguler ce phénomène de pénurie récurrente. “Seul le lancement de l’Agence du médicament pourrait remédier à ce problème, car il s’agit de l'unique organe capable de suivre la traçabilité des médicaments et de régler leur circuit.” Autrement dit, et même si le Dr Bekkat ne le dit pas, les lobbies organisés en grossistes provoquent la pénurie et la rupture des stocks en recourant à la rétention volontaire des médicaments.
De son côté, le Syndicat national des pharmaciens d'officines (Snapo) a indiqué que “le problème de pénurie existe réellement”, et ce, en évoquant une dizaine de médicaments essentiels destinés à plusieurs pathologies concernés par ce problème, en plus d’autres médicaments. Ce syndicat a également révélé que “la validation des programmes d’importation n’a pas été signée à temps”.
Le retard accusé dans la signature de la nomenclature des médicaments à importer a eu des répercussions directes sur les objectifs des importateurs, d’une part, et sur les programmes de production des laboratoires basés en Algérie, d’autre part.
Ce qui a causé une rare pénurie dans les officines et dans les hôpitaux pour faire face, notamment, aux pathologies lourdes. Aussi, le Snapo a dénoncé les pratiques informelles dans le secteur du médicament en affirmant avoir toujours lutté contre l’importation de produits via des circuits informels, non sans révéler que, dans le cas de pénurie extrême, “certaines officines recourent à cette méthode illégale”. Emboîtant le pas au ministre de la Santé, le directeur de la pharmacie et des équipements au ministère de tutelle, Hamou Hafedh, a rassuré, hier, quant à la disponibilité des médicaments, affirmant qu’il n’y a pas de problème de pénurie.
Ce responsable a indiqué qu’“il y a un suivi pour parer à tout problème susceptible de perturber la disponibilité des médicaments et intervenir en cas de pré-rupture, de rupture ou de tension sur tel ou tel produit. (…) Les programmes prévisionnels d’importation, que ce soit de la matière première ou du produit fini, sont menés de manière régulière et continue”. Il conclura que les médicaments interdits à l’importation sont fabriqués localement, en rappelant la politique de l’Algérie ayant pour objectif d’assurer la sécurité et l’autonomie en matière du médicament, et ce, à travers la production locale et l'acquisition de la technologie.

F.B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Farid BELGACEM

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