Le parti estime que “l’Algérie est plus que jamais à la croisée des chemins”, FFS : “Le pays est devenu ingouvernable”

Liberte; le Lundi 6 Juillet 2015
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C’est un constat des plus alarmants que le Front des forces socialistes (FFS) dresse à l’occasion de la Fête de l’Indépendance. “53 ans après (…), l’Algérie est plus que jamais à la croisée des chemins”, écrit Mohamed Nebbou, premier secrétaire du parti. Le FFS considère qu’après plus d’un demi-siècle, on n’a “ni bilan collectif ni projet d’avenir commun”. Ce constat, poursuit le parti, “vaut aussi bien pour les institutions nationales les plus hautes de l’État que pour la plus petite commune du pays”. Il a rappelé que “la prise brutale du pouvoir de l’été 62 avec ses soubresauts des années 70” s’est “aggravée en crise nationale des années 80”, a “muté en tragédie nationale des années 90”, a “tourné à la fausse réconciliation” et à “la prédation généralisée des années 2000”. Pour la décennie actuelle, le FFS la voit comme celle “de la cacophonie et de la dégénérescence institutionnelles”. “Ce n’est pas seulement le président de la République qui est ‘malade’, ‘paralysé’ et ‘inaudible’, mais ‘c’est tout le pays’”, analyse encore le FFS, précisant que parmi les dysfonctionnements institutionnels trop nombreux, on retrouve “un Conseil des ministres qui ne se réunit pratiquement jamais, un Parlement considéré comme une simple chambre d’enregistrement sans possibilité de constituer de commissions d’enquête sur les scandales financiers ou sur la situation au Sud ou à Ghardaïa”.  Sur le plan économique, le FFS considère que “les mesures économiques prises dans un tel cadre institutionnel déliquescent, et dont la finalité, sous couvert de libéralisation du marché autant que sous couvert de protection de l’économie nationale”, n’a “cessé de servir des relais du clientélisme et de la corruption”. Cette situation, conjuguée à “l’accaparement frauduleux des richesses nationales”, a pris une ampleur qui “menace directement et indirectement la pérennité de l’État”, alerte le parti, qui ajoute que la baisse des revenus de la rente pétrolière aura “des conséquences dramatiquement ignorées par un personnel dirigeant trop occupé à faire semblant de diriger un pays devenu ingouvernable dans le cadre du système actuel”. Sur un autre volet, le FFS ne s’est pas empêché de revenir sur le discours de François Hollande prononcé lors de sa visite éclair récemment à Alger, soulignant que “l’alacrité qu’a pu louer un dirigeant étranger est seulement celle de l’argent de la rente qui coule hors de tout contrôle démocratique et celle des pans de souveraineté nationale qui glissent dans l’informel mafieux ou vers les ingérences extérieures pour une recolonisation globalisée à peine déguisée”. Il a ajouté que le pays est devant deux choix : celui “de la construction d’un consensus national qui préserve les acquis historiques et jette les bases solides d’une volonté nationale souveraine pour faire face aux périls” ou le pays “s’effondrera dans le fracas des divisions mortifères qui ravagent aujourd’hui de nombreux États du monde”. Le FFS a appelé à la reconnaissance des martyrs de 1963.

M. M.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Mohamed Mouloudj

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