Le patron de l’armée du Pakistan chez Gaïd Salah, Combien d’Algériens s’entraînent dans les camps d’Al-Qaïda ?

Liberte; le Mercredi 24 Janvier 2007
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Alors que le Pakistan est au cœur d’une polémique des services de renseignement américains sur leur laxisme à l’égard du développement des camps d’entraînement dans la province incontrôlée du Waziristân, Islamabad cherche à rassurer ses partenaires dans la lutte antiterroriste dont l’Algérie.C’est à cet effet que le président du comité des chefs d’états-majors conjoints de l’armée du Pakistan, le général d’armée Ehsan Ul Haq, effectue depuis hier une visite officielle en Algérie à l’invitation du général Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’ANP.Cette visite, selon le communiqué du ministère de la Défense, s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales. Les relations en matière de défense entre l’Algérie et le Pakistan ont connu un saut qualitatif au début des années 2000 avec comme point commun déterminant la lutte contre le terrorisme. Point commun également la gestion du dossier des Afghans, notamment les Algériens qui ont combattu en Afghanistan, et qui ont trouvé “refuge”, au risque de créer un risque de déstabilisation de retour du Pakistan.  Mais l’évolution du dossier des “Afghans-Algériens” n’est pas fait pour rassurer les Algériens qui, à l’instar des services de renseignement américains, ne savent plus quoi croire quant au nombre réel et la situation du recrutement des Algériens au Pakistan.Certes, la loi sur la réconciliation nationale a attiré quelques familles algéro-pakistanaises ou algéro-afghanes dont certains membres étaient d’anciens “Afghans-Algériens”, mais qui sont de la première génération. Ceux qui avaient fait le coup de feu avec Hekmetyar ou Massoud contre l’armée soviétique et ont décroché la nébuleuse radicale depuis.À l’instar des autres pays, l’Algérie est confrontée à la difficulté d’identifier qui part encore en Afghanistan surtout via l’Europe. Islamabad aussi tente de le savoir et se réfère aux services de renseignement algériens pour tenter de retracer de nouvelles têtes que les espions de l’ISI dans les réseaux d’Al-Qaïda arrivent à connaître.Ainsi, selon les derniers éléments publiés par la presse occidentale, c’est dans un village appelé Mir-Ali, une bourgade au nord de la zone tribale du Waziristân, là où l’on soupçonne les différentes cachettes d’Oussama Ben Laden, que se trouve le nouveau sanctuaire des salafistes saoudiens, somaliens ou algériens. Ce camp serait dirigé par un certain Abou Qacha, un Irakien, ce qui accrédite les liens entre Al-Qaïda dans la zone pakistanaise et ce qui se déroule en Irak et en Asie centrale. Tout ceci peut paraître assez éloigné du GSPC en Algérie, mais dans le domaine militaire et du renseignement, les experts antiterroristes anticipent les coups et les alliances qui se font actuellement en Afrique, au Proche-Orient et en Asie entre tous les réseaux terroristes d’Al-Qaïda dont le GSPC se réclame actuellement. Les prévisions portent actuellement sur le théâtre d’opération irakien, préférence des salafistes maghrébins, mais avec la résurgence de camps d’entraînement d’Al-Qaïda dans le Waziristan, la donne a encore évolué. Si, à l’époque de l’avant-11 septembre, on estimait entre 300 et 900 Algériens dans les réseaux terroristes dans cette région, l’estimation actuelle, bien en deçà, demeure tout de même préoccupante surtout que ceux qui revoient un entraînement avec les instructeurs confirmés d’Al-Qaïda sont loin d’être des terroristes ordinaires car ils manient, à la sortie, aussi bien la fabrication de bombes que la guérilla urbaine, en passant par l’utilisation d’armes de prévision comme les missiles sol-air comme le prouve l’hélicoptère US abattu en irak. Le président pakistanais, Pervez Musharraf, a plaidé pour une position concertée dans la lutte internationale contre le terrorisme, lors de sa visite en juillet 2003 à Alger. Le Pakistan souhaitait également se débarrasser du fardeau de la trentaine d’Afghans-Algériens qu’il détenait. Les deux pays, alliés des USA, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, inscrivent également leur alliance dans une stratégie de coopération du type Sud- Sud, y compris dans le domaine militaire. Les deux pays sont déjà liés par des accords commerciaux, culturels et une convention judiciaire portant sur l’extradition. Les deux pays, qui sont tous les deux membres de l’OCI, partagent la même perception sur la situation au Proche-Orient. La situation géographique du Pakistan, en conflit avec l’Inde, point de transit des Afghans — soupçonnés aussi d’abriter le chef d’Al-Qaïda, Oussama Ben Ladden — voit sa vulnérabilité s’accentuer avec les pressions américaines et le froid dans ses relations en dents de scie avec ses voisins, les pays du Golfe. D. B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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