Le président de l’association nationale de lutte contre la corruption à la Chaîne III, “La démocratie d’un État ne lui évite pas la corruption”

Liberte; le Lundi 12 Fevrier 2007
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Le président de l’Association nationale de lutte contre la corruption, Djillali Hadjadj, a longuement parlé, hier, sur les ondes de la Chaîne III lors de l’émission En toute franchise, du sujet qui semble être non seulement d’actualité, mais surtout à la mode. En reconnaissant que son association, créée en 1999 et affiliée à l’ONG Transparency International, n’est pas officiellement agréée par l’État, elle est tout de même tolérée comme la majorité des organismes nationaux non gouvernementaux. “Malgré les difficultés que nous rencontrons sur le terrain, nous activons contre vents et marées”, a affirmé l’invité de la Radio nationale. Il a précisé que son association “s’exprime sur les cas de corruption qui tombent dans le domaine public, en focalisant sur la prévention”, mais qu’elle coordonne les efforts avec d’autres intervenants pour faire aboutir un projet de lutte contre le fléau. Il a soutenu, en outre, que les services des membres de son organisation sont sollicités pour des expertises pour le compte de la Banque mondiale. Quant aux dividendes que tire l’association de son annexion à Transparency International, Djillali Hadjadj a affirmé que le but recherché est l’acquisition de l’expérience et de l’expertise. En contrepartie, l’ONG internationale profite de l’expérience des membres de ladite association, en tant que témoins directs de ce qui se passe dans leur pays. “Ce qui est plus ardu à expliquer est la vision des autorités publiques sur Transparency International”, a soutenu Hadjadj. “Même s’il y a cette inquiétude de voir une ONG étrangère s’ingérer dans les affaires internes du pays, je pense que ce n’est pas une bonne idée de lui tourner le dos. Autant garder des contacts, même informels”, a-t-il estimé. Il a ajouté que depuis quelque temps, il existe un certain réchauffement dans les relations entre les deux entités. Dans le sillage, il a soutenu que l’indice annuel de perception de corruption est assez proche de la réalité. “Notre souci est d’éviter à l’Algérie d’avoir de mauvaises notes.” Il a expliqué alors que le niveau de démocratie dans un État ne sous-entend pas systématiquement absence de corruption. Il a cité comme exemple édifiant le scandale du marché passé entre la Grande-Bretagne et l’Arabie Saoudite, ainsi que l’affaire Siemens qui a défrayé la chronique dernièrement en Allemagne. M. Hadjadj a néanmoins reconnu que l’Algérie est loin d’être guérie de la gangrène de la corruption. À ce propos, il a évoqué les abus constatés dans l’attribution des marchés publics, l’inefficacité des lois sur la corruption et les anomalies des textes régissant le fonctionnement et les prérogatives de l’Agence nationale de lutte contre la corruption. Interrogé sur l’affaire Khalifa, il a déclaré que l’ambiance dans laquelle se déroule le procès au tribunal de Blida est révélatrice “de l’ampleur du désastre dans le système financier et les institutions de l’État”. Il a émis des doutes sur la compétence de la justice algérienne, en raison de l’impartialité observée dans la gestion judiciaire du dossier. “Ce n’est pas un procès équitable, mais il a au moins le mérite de montrer les dysfonctionnements des institutions de l’État, et surtout de la Banque d’Algérie.”  R. N.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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