Le sg du rnd s’exprime lors d’un point de presse, Ouyahia se prononce contre un changement de gouvernement

Liberte; le Samedi 27 Janvier 2007
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“Au nom de quoi est-ce que je vais demander le changement de gouvernement ?” s’est-il interrogé tout en précisant que la décision relève du président de la République. L’urne déterminera les listes des candidatures du RND aux prochaines échéances électorales. “Tout passera par l’urne, ce sera démocratique et transparent”, a annoncé, hier, Ahmed Ouyahia dans une conférence de presse à l’issue de la réunion des coordinateurs de wilaya qui s’est ouverte jeudi. Le dernier mot revient, selon lui, à la base. Car, a-t-il imagé, “il ne suffit pas d’être un aigle au RND, mais d’être un aigle aux yeux des citoyens”. Depuis des semaines, le secrétaire général du RND sillonne le pays à la rencontre des cadres de wilaya, des militants pour mobiliser les troupes et “préparer la famille” pour ces deux importantes échéances. Outre ces deux rendez-vous, le RND célèbre cette année son 10e anniversaire. Il a choisi la ville de Constantine pour une raison particulière : “rendre hommage” au frère Abdelhak Benhamouda qui “est le premier responsable du parti qu’est devenu le RND”. Mais il a exclu l’éventualité de listes communes avec les autres partis membres de l’alliance présidentielle, estimant que “chaque parti a un problème à gérer”. Par contre, il tient au principe de l’alliance qui est exclusif dans un pays aussi jeune et nouveau. “Nous nous sommes montrés à nous-mêmes que nous sommes capables de travailler ensemble”, dit-il en souhaitant que “des alliances se multiplient”. Toutefois, il reste mesuré. “Nous ne sommes pas encore arrivés au jour où ce seront les lignes politiques qui détermineront la démarche et la vision”, a-t-il précisé. Il a également rejeté la suggestion faite par le FLN de coupler les deux opérations électorales, législatives et locales. D’ailleurs, au plan constitutionnel, rien ne justifie cela. La prorogation du mandat des députés ne peut se justifier que par une situation dangereuse, stipule la Constitution. Ce qui n’est pas le cas dans le contexte actuel. Par ailleurs, l’opération nécessitera beaucoup de moyens, et pour la préparation et pour le contrôle. Interrogé sur son pronostic, Ahmed Ouyahia a eu une réponse ironique : “Comme au renouvellement partiel du Sénat, nous aurons au moins un groupe parlementaire.” Même niet pour la revendication du remaniement du gouvernement. “Au nom de quoi est-ce que je vais demander le changement du gouvernement ?” s’est-il interrogé tout en précisant que la décision relève du président de la République. Quant au spectre de la fraude, brandi y compris par un membre de l’alliance présidentielle pour justifier sa revendication d’un gouvernement technocrate, Ahmed Ouyahia a estimé que le dispositif de la loi électorale est à même de l’éviter. Comme dans les précédents scrutins, il est possible d’enregistrer des dépassements et des excès de zèle, dit-il, en assurant que le RND dénoncera tout dépassement. Et d’annoncer qu’avec “nos effectifs, nous sommes capables de contrôler les 44 000 bureaux de vote”. Manière de dire que le RND “est un grand parti”, et Ouyahia d’ironiser en disant que “ce n’est pas un parti qu’on cherche avec un microscope”. Il le définit comme un parti qui n’est “ni élitiste ni de masse”.Sur la question Khalifa, le SG du RND s’est refusé à toute déclaration en indiquant que le dossier est entre les mains de la justice. Il a, par ailleurs, affirmé qu’il n’a aucune gêne à témoigner s’il est convoqué. Quant aux responsables cités, il a estimé qu’ils sont avant tout des citoyens. “Laissons la justice déterminer la vérité et statuer”, a-t-il martelé. Il considère ce scandale, comme “une des filles des 20 années de crise passées”.Sur le plan international, particulièrement la sphère arabo-musulmane, Ouyahia a développé un point de vue qui tranche nettement avec le discours habituel. Non seulement, il met le doigt sur les risques d’un éclatement, notamment de l’Irak, mais a estimé que les pays arabes doivent se renforcer “individuellement” de l’intérieur pour face aux défis et menaces. Il a considéré enfin que l’exécution de Saddam est celle d’un “martyr”. Djilali B.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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