Le trésor public en pâtit , Contrebande : un préjudice de près de 1 milliard de dollars

Liberte; le Mardi 6 Mars 2012
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Les recettes douanières ont avoisiné les 600 milliards de DA en 2011.“En Algérie, les infractions relevées en dehors des postes et bureaux des douanes connaissent une croissance importante. Le préjudice occasionné au Trésor public est passé de 18 milliards de DA en 2006 à plus de 61 milliards DA en 2011, soit l’équivalent de 810 millions de dollars”. Ces statistiques, avancées par les douanes, montrent clairement les proportions alarmantes qu’a prises le phénomène de la contrebande dans notre pays. Tenter d’appréhender ou, du moins, comprendre cette grave maladie qui ronge l’économie nationale, n’est pas une mission de tout repos pour l’administration des douanes. Les éléments de compréhension du phénomène sont peu visibles et restent, constatent les experts très au fait, sans rapport avec la forte volonté politique de renforcer la lutte contre ce fléau. D’aucuns qualifient la contrebande de menace pour la sécurité et la stabilité du pays. Ce qui a poussé les pouvoirs publics à prendre de nouvelles dispositions légales. Dans ce sens, un dispositif spécifique, mis en place en 2005, prévoit des mesures préventives, organisationnelles et répressives. En matière de prévention, il est prévu de sécuriser la bande frontalière de l’Algérie, en particulier les zones éloignées des sites de contrôle par le renforcement des services de sécurité aux frontières en moyens humains et logistiques. Il est également question, souligne Hanane Benyagoub, directrice par intérim des relations publiques et de l’information à la direction générale des douanes (DGD), d’impliquer la société civile à travers des actions de sensibilisation et d’information sur les dangers de la contrebande, la moralisation des pratiques commerciales et la dénonciation aux autorités publiques des faits et circuits de ce phénomène. Quant à l’autre problématique à laquelle fait face la DGD, à savoir la corruption au sein de cette institution, son DG, Mohamed Abdou Bouderbala, indique que 4 inspections régionales viennent d’être créées. Pour lui, l’élargissement de l’utilisation de l’outil informatique, qui va diminuer petit à petit l’intervention des agents, va réduire en outre sensiblement ce fléau. Corruption : création de 4 inspections régionalesPar ailleurs, l’administration douanière vient d’acquérir 5 scanners fabriqués par l’entreprise publique chinoise, Nuctech, d’un montant qui avoisine les 6 millions de dollars. Ces appareils sont destinés aux ports d'Alger, d’Oran, d’Annaba, de Béjaïa et de Skikda. Sur un autre registre, les recettes douanières ont atteint 578,64 milliards de DA durant l’exercice 2011 contre 492 milliards de DA en 2010, soit une hausse de 17,49%. La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) représente 60% du total des recettes, soit un montant de 345,23 milliards de DA en 2011 contre 296,77 milliards de DA en 2010, en hausse de 16,33%. La part des droits de douane est estimée à 38% du total des recettes avec une valeur de près de 220 milliards de DA en 2011 contre 181 milliards de DA en 2010, en augmentation de 21,30%. Ces quelques performances réalisées par l’institution douanière lui ont valu l’organisation, hier à Alger, d’un atelier de recherche de deux jours ayant pour thème : “Les usagers de la quantification dans les administrations fiscales et douanières des pays en développement et émergents”. Cette rencontre, organisée par la DGD en collaboration avec l’Organisation mondiale des douanes (OMD), la Banque mondiale et la Banque islamique de développement, a pour but de promouvoir la recherche appliquée sur les usagers de la quantification et les expériences conduites dans les administrations fiscalo-douanières. L’objectif est d’échanger aussi les différentes expériences nationales et internationales dans les rapports aux usagers, au gouvernement, aux bailleurs de fonds et entre les fonctionnaires. Le ministre des Finances, Karim Djoudi, qui a inauguré ce séminaire, souligne que cette action se veut un “signe de notre volonté à poursuivre les efforts d’ouverture de notre économie pour une meilleure insertion dans les échanges mondiaux”. Cette initiative s’inscrit, selon M. Bouderbala, dans le cadre d’un vaste plan de modernisation des douanes lancé depuis 2007. La quantification, faut-il l’expliquer, est considérée par les spécialistes comme une solution pour réguler les rapports des fonctionnaires en interne et avec l’extérieur de leur administration. Il s’agit d’une technique administrative fondée sur l’objectivité. “Cette transparente objectivité, véhiculée par les chiffres est la solution proposée pour soutenir les réformes dans un environnement où la subjectivité et l’asymétrie d’informations causée par la corruption ou la faiblesse des ressources des administrations troublent les rapports entre gouvernement, fonctionnaires, usagers et bailleurs…”, relèvent les organisateurs de cet atelier.
B K

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rédaction nationale

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